Ma lettre à ma maman
Chère Maman Chérie,
En prenant le stylo sur la table d’étude
Et en fouillant dans les affaires pour le papier
J’ai fait tomber une photo de toi, Maman.
Et deux grosses gouttes ont affleuré mes joues.
Eh oui ! Maman, j’ai pleurai de ton absence.
Je me suis souvenu d’une chanson célèbre
Du groupe Sexion d’assaut, et j’ai pleurai.
« Avant qu’elle ne parte, dis-lui que tu l’aimes. »
C’était l’une des paroles du chant de ce groupe.
Et je me suis alors souvenu, Maman,
Que je ne t’ai jamais dit comme il se doit :
« Maman, je t’aime de tout mon cœur. »
Et du stylo et du papier, je t’écris, Maman
Bien qu’il soit vraiment trop tard pour moi
De te dire Maman Chérie, je t’aime infiniment.
Car dans la terre moite, ton corps y est et inerte.
Tout le temps que tu fus avec moi, Maman
Je n’ai fait que saigner ton cœur vibrant d’amour
Pour moi, ton fils fugueur, voyou et idiot.
Pour mes bêtises, tu as été la risée de tous.
Tu as supporté injures et humiliations acerbes.
Parfois, Papa te battait parce que jaloux de ton amour
Pour ton fils que je suis. Et moi, je te riais.
Je t’ai considérée comme toutes les femmes :
Un simple objet de plaisir pour les hommes.
Et pourtant, tu étais mes yeux dans ce monde.
Et pourtant, tu étais mon trésor intarissable.
Et pourtant, tu étais la lampe de ma vie.
Et pourtant, tu étais mon ombre tutélaire.
Et pourtant, tu étais la Muse de mes vers.
Et pourtant, tu n’étais pas ces femmes courtisanes.
Tu étais juste une Maman pour moi, ton fils adulé.
Comme Victor Hugo pour Léopoldine, sa fille
Je ferai le pèlerinage pour te rencontrer.
Et au-dessus de ta sépulture, je te lirai cette lettre.
Et de mes larmes, je m’agenouillerai pour ton pardon.
Et du pardon, je te ferai le serment de dire à mes amis
De dire à leur maman respective avec la plus fort manière
Avant qu’elle ne parte pour l’au-delà pour élire domicile :
« Je t’aime, Maman Chérie, de tout mon être ! »
Maman, bien qu’il soit vraiment trop tard
Reçois sans colère et sans rancœur, ce bouquet
De bruyères en fleurs et de houx vert de mon amour pour toi.
Ton fils qui t’a toujours aimée !