• QUI SUIS- JE MOI, L’AFRICAINE … ?

     

     

                Qui suis-je moi, l’Africaine ? Milles générations de souffrances, de misères, de pauvretés, de galères et de trahisons, sans oublier des milliers de générations de guerres. Pauvre Africain ! Qui suis-je, moi l’Africaine ? Je n’ai pas encore compris l’histoire.

    Commençons dès le début pour mieux vous situer. L’esclavage, ce sont les blancs qui l’ont fait subir aux Africains et ce sont eux encore, après avoir tant fait souffrir les Africains, qui ont décidé d’en mettre fin, car ils avaient encore une autre chose qu’ignoraient les Africains. Cette autre chose était la colonisation…Les blancs ont pillé les Africains même leur propre identité. Certains Africains dits intellectuels ou écrivains ou poètes issus de l’école des blancs vont décrier cette nouvelle chose qui dénigrait l’Africain. Ces fameux intellectuels donnèrent l’indépendance à leurs pays, et les blancs dirent que les pauvres nègres n’étaient pas prêts pour la démocratie. Qui suis-je moi, l’Africain ? Massacre, massacre, complot l’Africain est en perpétuel recherche de leur identité volé en accusant l’Occident. Mais tout temps en voulant gagner leur vie en Europe. Ils n’ont qu’une parole dans la bouche : « je dois aller en Europe pour me chercher ». C’est à cette absurdité de l’Africain que la plume offusquée s’interroge-t-elle. Qui suis-je moi, l’Africaine ?

    Est-ce moi qui ai demandé d’être venue au monde pour souffrir et ne point connaître ma destinée ? Je fuis mon continent pour me chercher et je suis la première à accuser l’Occident des malheurs qui frappent mon continent. J’envie l’Occident mais je refuse qu’il me commande ou me néo colonise. Pour mes études, pour ma formation, c’est l’Occident que je veux et pourtant je ne veux pas qu’il m’impose ses idées. Je refuse sa domination, son hégémonie et je crie sur tous les toits du monde qu’il y a une sorte de néo-colonisation. Pauvre, que je suis !

    Hier, j’étais Samory Touré, Béhanzin, El Hadj Omar Tall, Ménélik, Babemba, Naaba, Ashantihen Premph, Rabah ; et au cours de la longue marche de mon refus je fus Nkrumah, Lumumba, Moumie, Mondlane, Mahgouh, Gabral, Sankara, Kaunda, Mugabe, Museveni, Mandela, Nyerere, Gbagbo…et trahi par mes frères et sœurs, je suis tombée les armes à la main, souvent oubliée des mémoires, je deviens un fantôme errant pour eux. En d’autres mots, ma lutte a été vaine. La précarité de mon pays, de mon continent est due non pas par moi mais par l’Occident, voici ma thèse lorsque je me rappelle de la colonisation et de mes résistants, de mes révolutionnaires. Oubliant que c’est moi je les ai trahi préférant mon intérêt personnel que l’intérêt de la nation. Aujourd’hui, je m’étonne que l’Occident soit riche, développé que mon continent. Pourquoi m’étonnerai-je ? J’ai oublié que lorsque l’Occident me donnait mon indépendance il me donnait la possibilité de travailler pour mon continent… et de passer tout mon temps à tuer mes frères ou mes sœurs pour le faire plaisir. Assis dans le fauteuil de son salon, l’Occident se rit de ma misère et de mon absurdité. Quand tu ne veux pas que l’Occident s’ingère dans tes affaires ne va pas chez lui pour te chercher…

    La saleté, nos lagunes polluées, les montagnes d’ordures sur nos routes, le savoir vive, l’instruction inexistante, la corruption sont dus à l’Occident ou à ma misère ou ma négligence de bien-faire et de vouloir bien-faire ? Je crois que cela est dû à ma négligence de bien-faire et de vouloir bien-faire. Mon malheur n’est pas l’Occident car l’eldorado est dans mon continent. Pourquoi l’Occident se livre-t-il la guerre pour me contrôler ? Parce que j’ai des richesses, du pétrole, parce que je suis nombreuse et je suis plus puissante que lui. Il me met en conflit avec moi-même et avec mes frères et sœurs, et lorsque nous sommes en train de nous entretuer, il passe de l’autre côte pour piller ma richesse… parce que je suis idiote, imbécile zouave. L’analphabétisme peut-il expliquer ma misère et le fait de mon sous-développement ? Non, car on n’a pas besoin de savoir lire et écrire pour avoir le bon sens et le discernement de bien-faire ou de vouloir bien-faire. Le problème c’est que je ne sais pas que j’ai un problème personnel causé par moi-même. Refusant cette réalité, j’accuse l’Occident de mes malheurs oubliant que j’ai un comportement de crabe dans un panier plein de crabes. La plume offusquée a trop insulté les pauvres dirigeants africains, la société civile oubliant que le mal à éradiquer se trouve au sein de la population. Le peuple africain, qui es-tu ? Pourquoi tant de contradiction dans tes propos et gestes ? Pourquoi tant d’absurdité dans ton comportement. La plume offusquée refuse d’aller chez l’Occident pour se chercher sachant qu’elle ne veut pas la domination de celui-ci. Elle restera dans son pays, dans son continent pour se hisser au mât de la gloire, et être sur la marche des grandes nations. Seul le travail et rien que le travail peut aider les Africains. La plume offusquée préfère être maîtresse chez elle que d’être servante chez l’Occident.

                Qui suis-je moi, l’Africaine ? Je suis le dernier des humains à ne pas comprendre que le développement de mon continent dépend de moi-même. Je vais en Europe, aux Etats Unis d’Amérique pour être ce que je refuse d’être dans mon pays ou dans mon continent. J’abandonne mes diplômes pour être un lèche-bottes, un clochard dans les rues de Paris, de London, de Genève, de Berlin, de Washington, de Bruxelles…de je ne sais plus quoi encore car j’ai tellement foulé le sol des autres que celui de mon pays. Je connais l’Occident comme la paume de ma main mais je ne connais pas la case de ma mère… je fuis loin de ma misère pour me jeter dans le bras de celui que j’accuse d’être responsable de mes malheurs… je fuis la pauvreté pour donner ma dignité d’homme dans les restaurants, dans les boites de nuit, dans les hôtels, dans le gardiennage…des métiers que je refuse de faire chez moi-même si on me torturait afin que je puisse les faire dans mon propre pays. Je cours loin de ma mère patrie pour vendre mon savoir-faire à l’Occident…ce que je pouvais faire chez moi pour ma patrie soit sur la marche des grandes nations. Non, la plume offusquée n’ira jamais me prostituée charnellement ni  intellectuellement en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique pour perdre sa dignité et empirer encore et davantage le sort de son pays. Elle préfère galérer dans son pays et de voir un jour son pays dit pays développé parce qu’elle a travaillé dur  sans compter sur l’Occident pour y arriver. N’est-on pas fier de se reposer à l’ombre de l’arbre planté durant la jeunesse ? Qui doit venir développer mon continent ou mon pays, les salauds de politiciens, l’Occident, ou bien, moi, l’Africain ? Dans tous les cas le destin de l’Afrique est dans ma main en tant qu’Africain, je suis le seul à déterminer le sort de mon continent et de mon pays. Si je n’ai compris cela, c’est que je suis perdu à jamais et je n’ai plus d’identité.

    Vous savez la connaissance est péché…il est préférable d’être ignorant que d’être instruit. Voici où la connaissance de ce qui est bon et de ce qui est mal m’a conduit. Désarmée face à la souffrance de mon pays et mon continent. Ignorante je vaquerais peut-être quelque part sans me soucier de l’état précaire de mon pays. Mais me voici instruite, illuminée et je veux être libre…liberté dans tous ses sens et formes. Mais, hélas, je suis tourbillonnée par la réalité de mon histoire. Qui suis-je moi, l’Africaine ? Je n’arrive pas à élucider l’histoire des luttes de mes illustres révolutionnaires et de leurs échecs. Est-ce une malédiction ? Jusqu’aujourd’hui, il y a des blancs qui me nient encore l’humanité et me considèrent comme un animal domestiqué…je le sais et je le dénonce mais c’est chez eux que je vais me chercher. Quelle est cette humiliation ? Et pourtant on me fait croire que les premiers seront les derniers.

    Guerre par là, guerre par ici ; victime de catastrophe naturel, de famine, de sécheresse ; corruption, dictature, népotisme, détournement de denier public, les malfrats récompensés et les justes jetés en prison ; les cancres aux sommets éconduisent les mozarts dans leur délire incontrôlé…voici les obstacles au développement de mon pays et de mon continent. Aussi, ai-je un bourreau, l’Occident qui me donne le lait maternel de la démocratie en disant ce que je dois faire et en retour lui donner mes richesses, et lorsque je refuse il arme mon frère pour me destituer… coup d’état ! Je le sais très bien mais je suis seule car mes autres frères m’ont abandonnée. Pour eux ma lutte est noble mais actuellement ce qui compte c’est comment faire pour survivre à sa faim en  oubliant que la faim n’est pas une fin. Pauvre Afrique, quand comprendras-tu que la gloire nécessite des sacrifices… ne pas être en contradictoire avec ce qu’on dit et avoir des idées claires telles devraient nos armes afin de participer à la course des nations évoluées. Entre nous Africains, issus du même pays et vivant sur le même territoire, nous ne tolérons pas les autres, nous n’acceptons pas la différence…l’autre différent de moi me choque. Sa valeur, sa culture, sa vie, sa conception des choses, lorsque cela est différent des miens alors je suis dans tous les états. Je n’accepte pas mes frères et sœurs, et je veux la liberté. Si on refuse la liberté à l’autre, liberté de s’exprimer, liberté de vivre comme il veut, liberté de s’habiller comme lui semble bon, on ne peut pas prétendre revendiquer sa propre liberté. Une propre liberté suppose la liberté de l’autre… la tolérance est une carence maladive pour moi l’Africaine… Je sais pourquoi, l’Occident me refuse-t-il l’humanité, parce que je me comporte comme un sauvage. La bestialité, l’animosité, la sauvagerie sont les attributs de l’Africaine que je suis. Il est facile d’accuser les autres, mais souvent, il faut s’arrêter un moment pour s’accuser aussi car en faisant un mea-culpa personnel on finit à savoir que le véritable coupable de ses échecs, de ses problèmes et de ses malheurs est sa propre personne, sa « aigritude (attitude de celui qui a un mépris sans nom)».

    Je suis un fanfaron, je ne fais que tourner en rond au lieu d’aller droit au but et me lancer des fleurs. Qui suis-je moi, l’Africaine ? L’Africain est celui qui vit avec le paradoxe total dans tous les faits et gestes quotidiens. Absurdité, paradoxale, connerie, bêtisier, ….je comprends et j’ai la réponse à la question que je me suis posée. Je suis la somme de tous ce qui additionnés donnent paradoxale et absurdité. En disant non à la néo-colonisation c’est ne pas aller en Europe et y rester mais c’est demeurer dans son pays natal et se contenter de ce qu’on a en le valorisant. Il faut être fier de ce qu’on est et de ce qu’on a. N’oublions pas nos origines et des luttes de nos ancêtres… Fier d’être Africain, c’est accepter de moisir et de galérer dans son pays ; c’est accepter la différence des autres et se mettre aussitôt au travail, et c’est ainsi que nous serons fort pour transformer notre monde, et notre pays.


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