• PRESENTATION DE L'ŒUVRE POETIQUE  D'un mâle quelconque (cérémonie de dédicace).

     

     

    Il est des temps où la poésie, recouvrant son statut ontologique de l'Olympe, se réduit en une profération de murmures mystérieux,  où les sons ou  signifiants acoustiques édictent des sens indépendamment de ceux que peuvent supposer les locuteurs, du haut de leur expérience d'usagers de la langue. C'est le cas certainement de D'un mâle quelconque de Josué GUEBO.

                               D'un mâle quelconque est l'un des soupirs poétiques de ce qui pourrait s'inscrire comme le plus vieux conflit du monde, un conflit génétique, du reste, que le créateur a logé dans la conscience existentielle ; il s'agit du conflit entre homme et femme. C'est que ce conflit, du fait qu'il détermine la conscience existentielle, paraît banal, en dépit de ses bavures trans-sociale, trans-historique et trans-civilisationnelle, constatées. La tradition hébraïque, à travers l'art biblique, en fait cas en narrant l'histoire de SAMSON et DALILA. En effet, sous la pesanteur de la séduction et sur les injonctions répétées de DALILA, SAMSON livre à sa partenaire le secret de sa force et de son invincibilité, ce qui aboutit à sa chute. Le mythe de Maïé, du Centre- Ouest de la Côte d'Ivoire, apparaît comme la référence inaliénable de l'écho du conflit homme-femme en tradition orale africaine. Ce conflit, somme toute, paraît banal en raison de sa familiarité existentialiste. Le poète GUEBO, à travers l'adjectif qualificatif ''quelconque'' présent dans le titre D'un mâle quelconque, a ressenti cette vérité controversée. Cependant, ''Quelconque'' ne devrait pas être perçu ici au sens de moindre importance mais, plutôt, au sens d'une vérité à la fois mythique et quotidienne et non aisément médiatisable, installant la première dialectique sociale. L'un des narrateurs du mythe de Maïé, en la personne de BOTE ZEGBI Jean- Marie,  l'a d'ailleurs mentionné, dans la publication du numéro 8 Avril 1981 de la revue Bissa Revue de littérature orale GRTO : « Lorsque tu mets une fille au monde, c'est ton ennemie de guerre, ta propre mère, c'est ton ennemie de guerre, ta propre femme,surtout, c'est ton ennemie de guerre. ». 

    Ce qui est intéressant dans le titre que propose Josué GUEBO à son opei, c'est que, en évoquant ''D'un mâle quelconque'', audiblement appréhendé, le public-récepteur penserait à mal ( m-a-l), homophone de mâle ( m-â-l-e) qui est concerné dans le titre ; le premier évoqué, c'est- à-dire, mal (m-a-l) étant plus usuel à la locution que le second mâle ( m-â-le) . Ainsi, Josué GUEBO trahit-il son public par cette symétrie homophonique. En effet, la poésie, art du ludisme lexical et de l'improvisation langagière, est suggestionneuse d'un monde virtuel. A la révélation, cette méprise du poète est loin d'être fortuite. C'est que, fidèlement aux formes fusant de toutes parts dans le texte de GUEBO, le mâle ( m-â-l-e) est, dans l'esprit du poète, coupable de mal( m-a-l) à l'encontre de la gent féminine, second pôle de l'unité dialectique qui détermine l'être masculin.

    Bien avant Josué GUEBO, Joachim BOHUI DALI, son aîné de philosophe-poète, s'est intéressé à la question. Son œuvre Maïéto pour ZEKIA  est purement la réécriture du mythe de Maïé, mythe du conflit des sexes. Ce mythe raconte qu'au commencement des temps, hommes et femmes vivaient en deux communautés séparées. Les hommes avaient leur chef, GNALI ZAGO. Les femmes également avaient leur chef, MAÏE TROKPE qu'évoque GUEBO dans le poème  intitulé « Je suis Maïé Trokpé ». C'est que dans la communauté des femmes, vivait un seul mâle du nom de ZOUZOU pour qui toutes les femmes brûlaient d'ardeur et avec qui elles entretenaient des rapports chastes. A cause de ZOUZOU, donc, tous les assauts des hommes pour dompter une femme dans la communauté des femmes foiraient. Jaloux, les hommes assassinèrent ZOUZOU. Ce meurtre fut perçu par les femmes comme un baffouement de leur intégrité. Ulcérée, Maïé, dans la perspective de tirer vengeance, initia ses congénères à la sorcellerie avant de se livrer aux hommes, en offres piégées, toutefois.

    A la faveur de notre thèse de doctorat, nous avons étudié l'œuvre de BOHUI DALI, inspirée de ce mythe. Discernant les transpositions artistiques élaborées par le poète, nous avons dégagé deux blocs antagoniques : le bloc GNALI ZAGO-poète-Europe, contre le bloc MAÎE-ZEKIA-Afrique. Et comme JOSUE GUEBO, comme s'il avait lu la thèse, j'ai dit que le bloc de GNALI ZAGO est celui de la tyrannie, du mâle, du mal et de la destruction. Dans son poème « Je suis Maïé Trokpé », on assiste à une brève poétisation  version GUEBO de ce mythe :

     «  T'en souviens-tu

    La mort de Zouzou

    Le seul

    Qui ne voulut

    Jamais de mâle

    A la femme

     

    Le seul

    Vois-tu

    A l'étreinte

    Sans attentes

    Souterraines

     

     

                Zouzou

                    Mort

            Par- delà les jours

    A tuer le temps des satrapes

                 Et la sagaie

                    Infecte

    De Gnali Zagô

             Hélant

    A bout de langue

           La vendange

              D'artères

                  Chaste

      

     

    Le paraphe

    De phosphore

    Aux ras d'étreintes

              Virginales » ( D'un mâle quelconque, P.62).

     

    En définitive, le livre D'un mâle quelconque, texte qui poétise le sursaut d'émancipation de la femme, a une couverture qui interprète le contenu. On y voit une photo du poète, scindée de moitié. Selon les textes religieux dont, notamment, la Bible, l'homme ou l'être masculin, le mâle, est lui-même une moitié de son être. Sa compagne constitue sa seconde moitié. C'est le mystère arithmétique selon lequel 1+1=1. Cette idée est rendue manifeste par la réaction spontanée d'Adam au sortir de son sommeil quand il aperçut Eve fabriquée par Dieu avec l'une de ses côtes : « Cette fois voici celle qui est chair de ma chair et os de mes os ». Cette révélation est corroborée par le verset qui dit que « l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme et les deux formeront une seule chair ».

    Sur la page de garde, en effet, on voit l'image de l'auteur coupée de moitié, c'est-à-dire, amputée de l'autre moitié de son corps qu'est symboliquement la femme. Tout se passe comme si la révolte de la femme contre l'homme avait diminué ce dernier de moitié. Chacun peut faire l'expérience du désarmement spirituel, moral et psychologique auquel il est en proie en temps de brouille conjugale. Et la poésie, média littéraire de réalités énigmatiques ou d'événements mythiques, se plait bien à ce genre de gymnastique.

     

    Le disions-nous tantôt, le conflit qui oppose l'homme à la femme, aussi pernicieux soit-il, est quelconque, banal, comme le stipule le décodage du titre. Et les titres de poèmes qui composent le recueil sont tout aussi quelconques, banals. Ce sont : « J'ai de l'ambition », «  ce soir je me refuse à toi », «  A mon cœur », «  Mais Dieu », « Tu n'auras pour tout père », «  la veux-tu sourde », «  Je l'embouche », «  Aujourd'hui est journée », « Les journées », « En repensant », « Elle aussi », «  Je hais tes sœurs », « Je hais ta mère », « Et s'il le faut », « Et s'il est des festins », « T'avisera-tu à me la jouer », «  Comme nos mères », « Nous sommes », « Je suis », «  Au marché des sens », « Je suis Mahié Trokpé », « Je hais la mâle-liberté », « Hier j'aurais confondu », «  J'irais mordre », « Etait-ce l'un de nos rêves », « Pendant qu'il est », « Pour chacune de nos mères ». Au total, 27 poèmes composent D'un mâle quelconque. On peut remarquer, en entendant ces intitulés, la présence évidente de la fonction émotive marquée par les pronoms personnels ''je'', ''nous'',''mon'', ''nos'' mettant la femme au centre de son propre discours et traduisant ses plaintes, malaises et complaintes exprimées souvent à l'intention de son interlocuteur d'en face, l'Homme, révélé par la forme conative marquée par les pronoms de la deuxième personne ''toi'', ''tu'' ''tes'', ''ta''

     

           Les extraits suivants, issus des deux premiers poèmes cités, à savoir « J'ai de l'ambition » et « Ce soir je me refuse à toi » témoignent de l'atmosphère d'hostilité et de dégoût  entre deux êtres conjoints :

     

            « Et l'ambition

                D'être veuve

               Me rend visite

                         Les soirs

                 De mâle quelconque

              Tu pourrais la chasser

    • - D'un seul regard

    La commère-

        A regarder

    Ma nouvelle

            Coiffe

     

    Et tu es absent

    De cette absence

            Plus violente

    Qu'est ton front » ( j'ai de l'ambition)

     

     

     

    Non pas à moi

         Mais à toi

    A ma subordination

    Obtenue au forceps

    D'une guerre jamais livrée

     

     

    Je me refuse à moi

         A la loyale

         Te monte au sang

       La foudre

    D'une catéchèse

    De comptoir » ( Ce soir je me refuse à toi)

     

    Cher public, voilà D'un mâle quelconque. C'est de la poésie. Les clefs du texte étant livrés, chacun peut y aller de sa sensibilité, au gré de son éducation, de ses idéologies et de son niveau de culture. On ne saurait lire un texte poétique pour s'informer mais, plutôt, pour s'émouvoir et s'extasier du vertige qu'inspirent les formes. IL s'agit d'une émotion et d'une extase qui enrichissent l'intellect et qui entretiennent l'humanisme. N'ayez donc crainte de ne pas comprendre chaque ligne de l'œuvre comme l'entendrait le poète lui-même. La poésie n'étant pas un texte rationnel, l'on ne saurait pénétrer les subjectivité, intuition et réflexe du son auteur. Il s'agit, en poésie, de ressentir plus que de comprendre. Or, le ressenti est pluriel et la compréhension est unique. Le texte poétique, donc, ressenti pluriellement, s'interprète pluriellement.

     

    Cher public,voilà D'un mâle quelconque, appropriez-vous cette œuvre poétique nouvelle qui vient enrichir la bibliographie de la poésie ivoirienne. 

     

     


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  • Côte d'Ivoire : Une marche populaire

     

     

    Voici un certain temps, la Côte d'Ivoire se trouve dans une situation affreuse de son histoire. Deux individus confisquent la liberté, la dignité des Ivoiriens. Deux hommes qui se livrent la guerre, et ce qui plonge le peuple Ivoirien dans la détresse. Obama, le président des états unis d'Amérique, continue à mettre de l'huile sur la flamme pour empirer la situation.

    Peuple Ivoirien, personne ne viendra écrire ton histoire. Pas Obama, le lièvre noir des américains ; lui c'est le pétrole bleu qui l'intéresse. Peuple Ivoirien, personne ne fera pas ton destin à ta place.

    Deux individus qui te poussent à donner ton corps aux balles meurtries de l'occident et des américains pour leurs intérêts. Et toi, ignorant, tu les suis aveuglement. Ignorant leurs coups, tu empruntes un chemin qui te conduit à l'abattoir. Ils te demandent de sortir pour marcher, pour revendiquer je ne sais quoi, et toi, tu sors pour marcher et donner ton corps aux pluies de balles que tirent leurs appareils répressifs. Ton sang que tu verses ne peut pas sauver la Côte d'Ivoire, au contraire tu souilles la terre ivoirienne parce que ta lutte n'est pas noble. Ta lutte qui sera noble, c'est celle qui te sortira de ta misère, de ta pauvreté et de la crise organisée par ces deux individus. Personne ne veut pas  que tu sois heureux, et toi, tu ne te soucies pas de ton sort. Tu sors et tu marches pour accorder la danse des deux sorciers : rebelle et nationaliste.

    Peuple Ivoirien, ta voix ne compte rien, et la preuve est que la voix que tu as apportée aux urnes ne t'a pas donné la solution de la crise. Au contraire, elle l'a empiré. Tu as compris que cette histoire est une danse de sorciers et que tu es le bétail du sacrifice. Au lieu de marcher pour je ne sais qui, ma Côte d'Ivoire a besoin d'une marche populaire pour sa dignité. « Mon peuple qu'on traîne, promène et déchaîne » (David Diop) doit se soulever pour sa liberté et sa dignité.

    Marchons ensemble, main dans la main, à l'unisson chantons l'Abidjanaise pour montrer aux deux individus que la Côe d'Ivoire est unie. Nous avons besoin d'une marche populaire pour déloger Alassane Ouattara et Gbagbo Laurent de ce pays. Quand on aime le pays, on se dit 100 % Côte d'Ivoire ou on a des solutions pour ce pays, on ne jette pas ses frères à l'abattoir pour les faire tuer. C'est pourquoi, je demande aux Ivoiriens de s'unir pour marcher afin de reprendre notre pouvoir confisqué par ces deux bourreaux. Obama, Sarkozy, communauté internationale...laissez le peuple Ivoirien prend son destin en main. Votre ingérence dans ce pays prouve que vous avez un parti pris. Demain je dirai à mes enfants que je suis un anti-France, anti-états unis d'Amérique parce que ce qui compte pour vous c'est votre intérêt et non le peuple Ivoirien. Laissez ce peuple orienter son navire vers le port de son choix. Marchons ensemble pour sauver notre dignité, notre liberté.

    Côte d'Ivoire, tu as besoin d'une marche populaire pour éradiquer le mal sur ton sol. Unis, nous le pouvons. Laissons nos intérêts et bords politiques et communions seulement ensemble pour pratiquer et célébrer une seule messe, celle de la paix et de la liberté.

    Avec un ruban blanc, attaché au front, une bougie allumée et une colombe à la main, montrons que la Côte d'Ivoire n'est pas un terrain de boxe ou champ de tirs. Soyons la Jeanne d'Arc de l'Afrique. Sortons, non pour une personne quelconque, mais pour la Côte d'Ivoire.


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  • CÔTE D'IVOIRE : Ivoirien, on ne t'aime pas.

     

     

    Le constat est là et amer. Un pays sans loi est un pays de bordel, et je l'ai décrié. Aujourd'hui, je dois parler car mon pays va mal, mal parce que l'Ivoirien que je suis, je ne suis pas aimé. On ne m'aime pas.

    Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas.

    Ils sont à l'hôtel de Golf, à la présidence...et le peuple Ivoirien souffre, pleure, descend dans la rue et casse tout. Lorsqu'on aime une personne, on ne l'emmène pas à se faire tuer, massacrer. Votre histoire de nordiste n'est pas Ivoirien est une fable de mauvais augure. La carte de séjour qui l'a initié ? Qui a fait la guerre aux étrangers ? Allasane Ouattara. Qui a initié l'ivoirité ? Qui a dit qu'Allasane Ouattara est étranger ? Henri K. Bédié. Aujourd'hui, qui réaffirme qu'Allasane Ouattara est étranger ? Qui a dit qu'Allasane Ouattara est le père de la rébellion ? Gbagbo Laurent. Peuple, tu vois que les politiciens jouent avec nous. Ils n'ont point de vérité dans leurs bouches. Tous des mythomanes.

    Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas.

    Cette fable de mauvais augure est alimentée par la France avec ses chaînes de télévisions et de radios. La France, fossoyeuse des ressources africaines, destabilisatrice, faiseuse de troubles, vampire, n'a pas d'amis mais des intérêts. Elle est prête à tout faire pour ses intérêts, même l'impossible et l'impassable. Voici la France qui sous le couvert de l'ONU et de la communauté internationale fait des coups bas dans ses colonies d'antan. Et c'est à elle que sont rivés les yeux de l'Ivoirien qui pense trouver la solution  en elle. Elle « allume le feu,et après [elle] vient jouer aux pompiers », nous dira Tiken Djah Facoly. La France et l'ONU, contournent le conseil constitutionnel et certifie le résultat de la CEI, cette instance qui donne les résultats des élections provisoires. Lorsqu'on ne vous aime pas, c'est à cette danse qu'on participe : contourner les institutions et les lois d'un pays.

    Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas.

    « Obéissance aux lois prescrites est liberté », exhorte Jean Jacques Rousseau à observer pour la liberté et la bonne gouvernance du citoyen. Mais, hélas, en Côte d'Ivoire, on fait fi des lois et on se fie aux politiciens, pensant que ces derniers nous aime. Ivoirien, on ne t'aime pas. Tu n'es rien aux yeux de ses politiciens, de la France, de l'ONU, de la communauté internationale... rien qu'un animal pensant, du bétail électoral, juste bon pour sacrifier pour leurs intérêts. Tu as compris, Ivoirien, tu n'es pas aimé. Ta dignité, ta personnalité, ton être, ton nom, ton pays et toi, vous êtes une vermine des puissances et des politiciens. Lorsque tu revendiques et tu casses les biens publics, tu sais comment on te traite. Non, laisse moi de le dire, un sauvage et les occidentaux se moquent de toi. Ils disent que tu es encore à l'état sauvage, de la barbarie. Ils ont dépassé ce stade à ce vingt unième siècle,et toi tu dis être dans la tendance des temps modernes. Réfléchi un peu et tu verras que tu n'es pas aimé du tout. Tu ne signifies rien au monde.

    Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas.

    Ivoirien, pour te faire aimer, tu dois te prendre au sérieux en respectant tes institutions et ses lois quel que soit ce qu'elles disent. Tu dois être capable de dire aux politiciens tu veux la paix, le respect de ta dignité bafouée, de ta personnalité dégradée. Tu a droit à la vie, à la liberté...revendique les au lieu de t'allier à ce qui veulent ton malheurs. L'histoire parle, mais tu refuses de l'écouter. On a longtemps crié qu'Allasane Ouattara est le père de la rébellion...aujourd'hui, l'histoire nous le prouve. Il est avec les rebelles, faisant croire que l'armée nationale est contre lui. Notre armée est républicaine, elle respecte les lois de ses institutions. Elle n'a rien avoir avec votre histoire du fauteuil présidentiel, comme le peuple n'a rien avoir avec votre histoire du nordiste n'est pas ivoirien. Si vous aimez l'Ivoirien alors laissez le vivre et le tuer. Gbagbo Laurent fait croire qu'il est pour la Côte d'Ivoire ; il se dit nationaliste et accepte que l'Ivoirien meure. Allasane Ouattara, Gbagbo Laurent, Henri K. Bédie,...personne n'aime l'Ivoirien.

    Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas. Ivoirien, on ne t'aime pas.

    Côte d'Ivoire, c'est plus de soixante ethnies, d'où vient l'idée que certains sont ivoiriens que d'autres. Un nordiste a épousé une sudiste ; un estiste a marié une ouestiste ; et vice-versa. Pourquoi sommes devenus des ennemis ? Mes colocataires sont baoulé et odiennécar et moi abron, nous vivons en paix en bonne convivialité. Pourquoi ce lien est-il brisé ? Parce qu'on s'est laissé manipuler par les politiciens et la France ; parce qu'en un moment donné un s'est considéré supérieur que les autres... et la France, pour ses intérêts a sauté sur l'occasion pour enflammer la mèche de la discorde entre les frères et sœurs d'hier. « Ivoiriens, nous n'avons pas d'autre choix que de vivre ensemble », te propose Ahmadou Kourouma. Si on ne t'aime pas, commence à t'aimer toi-même et tes frères et sœurs. Nous sommes un peuple arc-en-ciel. Nous avons des valeurs et des ressources à défendre, et «  le pays, nous appelle » à les défendre et non à nous entretuer.

    Nous devons marcher ensemble, la main dans la main pour défendre notre dignité bafouée, notre personnalité dégradée en chantant « L'ABIDJANAISE », et non pour un tel politicien.

    Vive la Côte d'Ivoire ! Vive l'Ivoirien !


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  • C'est bientôt les élections en Côte d'Ivoire, tout le monde en parle...Je suis écoeuré de voir ces candidats prendre ce pays comme une poubelle à ordure...Eh, toi là, tu va laisser un...diriger l'héritage que ta mère patrie t'a légué comme si toi, tu n'est pas digne de prendre soin de cet héritage ;tu va laisser un...diriger ce pays alors qu'à l'age de 25 ans il a fêté ses miliards et que des jeunes de cet âge chôment;tu vas laisser un...gouverner,et pendant qu'il était au pouvoir,il n'a rien sous prétexte que...;tu vas laisser un...prends ce pays comme un théâtre où on sera affublé; tu vas laisser une... être présidente...as tu déjà vu dans les saintes écriture une femme diriger une nation? Je ne suis pas hypocrite, mais c'est la vérité...; tu vas laisser un...transformer la Côte d'Ivoire en temple de prière croyant être le seul croyant; tu vas laisser un...qui se reveille un matin et dit c'est une révélation divine te gouverner, l'asile de Bingerville n'est pas loin; tu vas laisser un... ton choix du 31 octobre 2010 tracera les sillons de ton sort dans l'avenir... Politicien pissancie a men hi dès! TOUS AU VOTE, C'EST UN DEVOIR...


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    Comique

    (nom masculin et adjectif, du grec kômos (procession festive en l'honneur de Dionysos) › comique ; le comique est un registre littéraire, la comédie est un genre.)
    Désigne ce qui provoque le rire, ce qui caractérise la comédie et le théâtre en général. Les effets comiques peuvent reposer sur la rupture de la cohésion du texte (langue et discours) ou sur la rupture de la cohérence du texte (organisation, construction globale du texte).

    • Le comique de gestes : l'effet comique est produit par l'interprétation (par exemple : mimiques, grimaces, vêtements, accessoires).
    • Le comique de situation : l'effet comique est produit par la situation d'un personnage dans l'histoire qui est racontée (surprises, rebondissements, coïncidences, retournements, quiproquos, etc.)
    • Le comique de mots : l'effet comique est produit par les paroles (jeux de mots, niveaux de langue, répétitions, etc.)
    • Le comique de caractère : l'effet comique est produit par la peinture des caractères (traits moraux propres à une classe d'êtres : vices, idées).
    • Le comique de mœurs : l'effet comique est produit par les usages d'une classe d'hommes ou d'une époque. C'est la satire d'un comportement social.

     

    Le comique de mots  joue sur les mots, les répétitions volontaires d'expression, les accents ...

     

    Le comique de gestes  concerne les mouvements inattendus, les chutes, les coups de bâton, les jeux de cache-cache, les déguisements saugrenus ...

     

    Le comique de situation  est lié à l'intrigue et fonctionne sur le malentendu.

     

    Le comique de caractère  exagère les défauts humains.

     

    Le comique de mœurs  ridiculise les tendances d'une époque.

     

     

    Le comique de gestes, ou comique gestuel, est l'une des formes de comique. Il consiste à faire des gestes drôles dans une pièce de théâtre dans le but de provoquer le rire chez le lecteur ou le spectateur.

    À la lecture d'une pièce de théâtre, le comique de geste se repère quand il y a des didascalies dans le texte qui précisent les gestuelles et postures amusantes que doivent adopter les acteurs.

    Par exemple dans Le Médecin malgré lui (Molière), il y a du comique de geste quand Sganarelle prend Lucas dans ses bras et veut embêter Martine. Il y en a aussi dans Le Médecin volant (Molière) lorsque Sganarelle boit l'urine de la malade sous le regard étonné du père.

     

    Le texte théâtral :

    Les procédés du comique

     

    Cette page a été rédigée par: Roula NASRANI

     

    « C'est une étrange entreprise, disait Molière, de faire rire les honnêtes gens », ceux « qui ne rient que quand ils veulent ».

    Pour faire rire, on peut jouer sur le geste, la situation, les mots, le caractère ou les mœurs.

     

    I- Le comique de geste :

    Le théâtre joue de la présence physique des interprètes : l'acteur comique multiplie les mimiques, parfois les grimaces; les habits ridicules, les accessoires extravagants surprennent; les coups de bâton et les gifles pleuvent en cadence.

     

    II- Le comique de situation :

    Toute comédiehttp://www.espacefrancais.com/Images/interrogation.gif raconte une histoire par une série de scènes qui ménagent d'amusantes surprises: rebondissements, coïncidences, retournements, tous les moyens sont bons pour mettre en difficulté le personnage dont on veut rire.

    Exemple :

    Harpagon (à son fils). - Comment! pendard, c'est toi qui t'abandonnes à ces coupables extrémités!
    Cléante. - Comment! mon père c'est vous qui vous portez à ces honteuses actions!

    Molière, L'Avare, Acte II, scène 2, 1668.

    L'avare découvre que son fils est un horrible dépensier, le fils que son père est un usurier.

     

    III- Le comique de mot :

    La comédiehttp://www.espacefrancais.com/Images/interrogation.gif met la langue française dans tous ses états, déformations, jargons en tous genres, prononciations qui sentent le villageois ou la précieuse ; les façons de parler outrées font toujours rire. Parfois c'est la communication elle-même qui ne se fait plus.

    Exemple :

    Bélise (à la bonne). - Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire?
    Martine.- Qui parle d'offenser grand-mère ni grand-père?

    Molière, Les Femmes savantes, Acte II, scène 6, 1672.

    Les deux mots de prononciation presque identique créent un malentendu, un quiproquohttp://www.espacefrancais.com/Images/interrogation.gif, qui ridiculise les prétentions pédagogiques de Bélise.

     

    IV- Le comique de caractère :

    La comédiehttp://www.espacefrancais.com/Images/interrogation.gif met en scène des personnages, peint leur caractère, leurs vices, leurs idées fixes. Pour faire rire, il faut comme dans une caricature, forcer le trait dont on veut se moquer.

    Exemple :

    Alceste. - Et c'est pour mes péchés que je vous aime ainsi.

    Molière, Le Misanthrope, Acte II, scène 1, 1666.

    On sourit d'un « amour si grondeur », d'un séducteur si maladroit.

     

    V- Le comique de mœurs :

    La comédiehttp://www.espacefrancais.com/Images/interrogation.gif place les personnages dans leur milieu et l'auteur comique veut peindre les mœurs de son temps. En se moquant des snobs, des médecins, des faux poètes, des arrivistes, des hypocrites, le poète comique brosse un tableau de la société de son temps. Il veut, comme Molière, « corriger les vices des hommes » en les exposant « à la risée de tout le monde ».

     

     

     

     

    Une vie de boy

    Le jeu sur le comique de situation offre un eclairage sombre sur la periode coloniale sans faire dans le melodrame et accentue la denonciation de cette periode tragique par le jeu des contraires. Et que dire de la lucidite qui brusquement va saisir la femme de Meka puis ce dernier devant l absurde de cette medaille, de cette aventure de la colonisation, du joug qu ils subissent ? Les personnages vont en pleurer, puis en rire de tout ca, pour finir par reveler quelque chose de profondement marquant: l impuissance de ces gens, de leur monde devant une nouvelle donne de leur histoire, le blanc. Il y a une verite a laquelle ils ne peuvent echapper. Ils sont vaincus et qu est ce qui pourra les guerir de cette tristesse du perdant, de l opprime, de celui qui voit mourir en lui quelque chose qui est peut etre lui ? Rien, pas meme la lucidite, l humour ou le ridicule que quelque part, ils essaient de renvoyer a ces gens qui leur ont tout pris. Sans doute jusqu a leur ame.

    Le comique : théorie

    Bruno Hongre nous propose ici un remarquable article sur le comique. Après avoir rappelé quelques composantes du plaisir de rire, il évoque les niveaux du comique et les procédés qui font rire. Autant d'outils qui vous permettront de mieux appréhender les textes suscitant le sourire ou le rire.

     

    REMARQUES PRÉLIMINAIRES


    1) En général, autant l'on aime rire, autant l'on déteste s'expliquer les raisons de son rire. D'une part, parce que c'est un sujet extrêmement complexe, qu'aucune théorie ne parvient à élucider totalement (il y a toujours des rires qui échappent aux explications traditionnelles de l'hilarité). D'autre part, parce que le rieur n'a peut-être pas trop envie de regarder en face les satisfactions suspectes, ambiguës, qui nourrissent en profondeur son rire. Savoir pourquoi on rit pourrait nous rendre singulièrement graves. On se contente alors de la tautologie : « Pourquoi rit-on ? Parce que c'est drôle ! ».

    2) Dans l'approche de cette activité rythmique des muscles zygomatiques, typiquement humaine selon Rabelais, il est difficile de distinguer ce qui serait un rire naturel, spontané, qui naît au hasard des circonstances de la vie courante, du comique étudié, théâtral, que le public va chercher dans des spectacles produits pour le distraire. D'une part parce que la vie sociale la moins concertée, fertile en sujets d'amusement, est toujours une sorte de théâtre naturel où les uns (en position de public) rient à propos de ce que disent ou font les autres (en position de conteurs-amuseurs ou d'acteurs involontaires). D'autre part parce que, très tôt, nous « consommons » des divertissements amusants, lesquels nous apprennent à regarder le monde comme spectacle, et ainsi, à « reconnaître » dans certaines situations de la réalité un « comique » préalablement intériorisé comme catégorie « littéraire ». Alors qu'il s'agit là d'un attitude culturelle (raison pour laquelle on « rit » différemment selon les cultures), nous « gloussons » spontanément comme si les choses s'ingéniaient d'elles-mêmes à nous divertir, en oubliant que notre sens comique est le fruit de réflexes pré-construits. Aussi pourra-t-on illustrer cette notice aussi bien par des exemples empruntés aux spectacles (sketches, théâtre) que par des situations couramment observées.

    3) L'éternelle interrogation « pourquoi rit-on ? » peut donner lieu à deux recherches complémentaires Qu'est-ce qui produit l'hilarité des publics (niveaux de comique et procédés « qui font rire ») ? En quoi consiste le « plaisir » ainsi déclenché (nature de cette euphorie, besoins plus ou moins conscients qu'elle « satisfait ») ? Nous allons tenter d'apporter quelques éléments de réponse en nous inspirant (très librement) de trois livres : Le Rire de H. Bergson, Le Mot d'esprit et ses rapports avec l'Inconscient de S. Freud, et Psychocritique du genre comique de Ch. Mauron. Commençons par la seconde question, celle du « plaisir » qui habite le rire : en analysant ses composantes, nous serons à même de mieux comprendre les diverses formes que prend le comique, et les processus susceptibles de le déclencher.



    QUELQUES COMPOSANTES DU PLAISIR DE RIRE

    Sachant que tout se mêle dans le rire, on peut néanmoins tenter de distinguer :

    1) Un plaisir « spirituel », ou intellectuel. C'est d'abord l'intelligence en effet qui s'amuse, à tort ou à raison, à percevoir des contradictions, des « absurdités », des « non sens » qui ont tout de même du sens, des glissements ou des confusions sémantiques, etc. Cela apparaît dans toutes les sortes de « jeux de mots », qu'on en soit le manipulateur ou l'auditeur. Révélateurs sont à cet égard les sketches de Raymond Devos (cf. « Caen », « La mer démontée », « Le Plaisir des sens », etc.). Le plaisir est bien ici dans cette jonglerie de l'acteur avec les mots et leurs sens, qu'elle soit ou non raffinée. Mais si l'intelligence est nécessaire à saisir ce jeu, elle n'explique pas à elle seule le plaisir qu'on y prend. Cette étrange « euphorie » qui naît du jeu de mots a pu être interprétée comme une revanche sur l'ordre du langage, ordre qui nous est imposé par un sévère apprentissage, et que nous avons soudain le droit de transgresser le temps d'une histoire drôle ou d'une réplique théâtrale... Plaisir du non-sens, qui échappe provisoirement à la censure de la Raison et donne lieu à des emballements absurdes. Plaisir de constater que le code du langage a de nombreuses failles, qu'on peut truquer avec celles-ci, que les mots peuvent être déformés, manipulés, au point de signifier à la fois les choses et leur contraire. Plaisir de replonger dans l'univers magique de l'enfant, où n'importe quel son peut engendrer n'importe quel sens...

    2) Un plaisir plus spécifiquement « comique » , dans lequel la part émotionnelle l'emporte sur la part intellectuelle, donnant alors lieu à ces fameux « éclats » de rire qui se déploient en spasmes débridés. Cette dimension apparaît clairement lorsqu'on observe, en position de spectateurs hilares, des situations qui sont angoissantes pour les personnes ou les personnages qui les vivent. Selon Freud, cela peut s'expliquer par une sorte de « décharge » d'énergie d'angoisse inutilisée, dont nous pouvons saisir le mécanisme en prenant l'exemple d'un des plus fameux sketches de Raymond Devos : « Le Plaisir des sens ».
    En voici l'argument : un automobiliste pénètre sur un rond-point, et au moment où il tente d'en sortir, s'aperçoit que toutes les rues sont en sens interdit. Situation cauchemardesque, à laquelle le spectateur s'identifie d'autant plus facilement qu'il a l'expérience de la conduite en ville. Notre automobiliste demande alors à un policier ce qu'il doit faire, et celui-ci lui répond : « Tourner avec les autres ». C'est alors que le rire du public jaillit franchement. Tout en percevant l'absurdité et le caractère stressant de cette ronde kafkaïenne, chacun se rend compte qu'elle n'est pas réellement pour lui. Le processus qui déclenche le rire est alors le suivant :
    - dans un premier temps, le spectateur s'identifie au personnage et partage momentanément son « angoisse » ou sa colère, ce qui mobilise en son for intérieur une certaine énergie psychique ;
    - dans un second temps, prenant conscience que cette situation « impossible » n'est qu'une fiction pour lui, le spectateur se distancie soudain du personnage, et son « énergie d'angoisse » un instant mobilisée (par le fait de s'identifier) se libère en un grand rire de soulagement. C'est l'euphorie après l'accablement. Et cette soudaine euphorie, cette sensation d'apesanteur, nous apparaît vraiment comme une caractéristique majeure du plaisir comique.
    Mais revenons à notre sketch. On sait qu'il se poursuit et s'amplifie alors selon une logique parfaitement absurde : il est interdit de s'évader du rond-point ; tout le monde doit tourner ; la police fait sa ronde, en sens inverse ; le laitier (dont le beurre « tourne »), l'ambulancier (dont le malade décède), le convoi funéraire, et bientôt toute la cité, tout se trouve embarqué dans la ronde infernale. Par convention, le public continue d'adhérer à l'histoire, à « croire » par intervalles à l'évocation de cet univers kafkaïen (et le jeu de l'acteur Devos, incarnant l'angoisse du personnage, est ici fondamental), mais en même temps, il ne cesse de se dés-identifier à chaque nouveau détail insolite (et donc « désopilant ») qui affole l'automobiliste. Jusqu'à la fin de ce sketch, parfaitement rythmé par son auteur, il y a ainsi reprise et relâche d'angoisse dans le public, le tout se résolvant en salves de rires...
    Ce processus n'est pas incompatible avec la définition de Bergson, qui établit que nous rions chaque fois que nous percevons « du mécanique plaqué sur du vivant ». En effet, l'aspect mécanique qui entraîne tout à coup la vie de la ville - le vivant- (grossissement des effets, amplification des conséquences d'un postulat insensé, etc.) est précisément ce qui conduit le spectateur à se distancier de la situation. Percevant du vivant, il s'identifie ; percevant le mécanique, il rompt son processus d'identification : il y a bien une chaîne de reprises et relâches d'angoisse.
    Il est vrai que Bergson ajoute à l'interprétation freudienne un autre élément : s'il y a quelque chose de « mécanique » qui nous fait rire d'un personnage vivant, cela provient souvent de l'inadaptation de celui-ci à telle ou telle situation. Le plaisir comique s'alimente alors à notre sensation de supériorité sur celui dont on rit (celui que l'on juge « ridicule »), comme on le verra ci-dessous dans l'évocation du « plaisir critique ».
    Mais cet élément n'est pas non plus sans lien avec ce qui se meut au fond de notre inconscient. Car cette fréquente inadaptation au monde, génératrice d'angoisses, nous l'avons tous vécue lors de nos premiers apprentissages : voir un personnage inadapté peut ainsi, l'espace d'une seconde, mobiliser notre apitoiement et, la seconde qui suit, déclencher notre rire par libération de cette « énergie » d'angoisse brièvement réveillée. Et jouir alors d'un sentiment de supériorité, c'est souvent prendre sa revanche contre des affects anciens, - rappels semi-conscients de situations archaïques où nous étions en douloureuse position d'infériorité... On voit que l'euphorie du rieur peut avoir de multiples racines.

    3) Un plaisir critique (ou revanchard, ou sadique, ou satirique). Dans sa Psychocritique du genre comique, Charles Mauron analyse le plaisir du spectateur qui rit aux malheurs d'Arnolphe dans l'Ecole des femmes en l'interprétant comme une compensation aux souffrances oedipiennes de tout enfant ! Qu'est-ce à dire ?
    Dans le traditionnel triangle oedipien, le tout jeune (notamment le petit garçon) se voit dépossédé de l'objet aimé (la jeune femme, sa mère) par le « vieux » (le père, qui affirme son droit sur son épouse). C'est une terrible frustration, mêlée de peur et de culpabilité, dont le jeune homme gardera longtemps la trace dans son Inconscient.
    Dans la pièce de Molière, l'Ecole des Femmes, c'est à l'inverse le jeune homme (Horace) qui dépossède le Barbon (Arnolphe) de l'objet aimé que celui-ci prétendait se réserver (Agnès).
    Dès lors, le rire que suscite l'attitude d'Arnolphe ne s'explique pas seulement par l'énormité de ses colères ou de ses ridicules de vieillard berné ; ce rire s'accompagne d'une sensation de revanche inconsciente sur une situation que nous avons antérieurement tous plus ou moins vécue. Le succès d'Horace et l'allégresse qui en résulte correspondent au renversement triomphal d'une situation angoissante. À travers lui, c'est à notre tour de ravir l'objet aimé et d'en frustrer le « Vieux » qui nous l'interdisait. Nous revivons donc notre « complexe d'Œdipe », mais en vainqueurs cette fois, et ce délire est un triomphe ! Notre rire se nourrit d'une vengeance fantasmatique, plaisir étonnant, inattendu, mais d'autant plus vif que nous en ignorons le réel motif...
    On peut généraliser cette composante du rire. Nous jubilons chaque fois qu'il nous est possible de nier - fictivement - le fameux « principe de réalité » dont nous avons dû cruellement subir la loi dans notre passé d'enfants, au fil de toutes les frustrations qu'implique l'apprentissage de la vie. Dans d'innombrables scènes comiques, nous rions ainsi d'une autorité ou d'un pouvoir établi, par la grâce d'un renversement triomphal, mais provisoire, de situations où nous avons dû nous soumettre jusqu'à l'humiliation. À chaque fois, la revanche que nous prenons semble proportionnelle à l'importance sociale de ce pouvoir. Supposons par exemple qu'un ami bien aimé se casse la figure en glissant sur une peau de banane : malgré le caractère mécanique de sa chute, nous rirons modérément. Mais s'il s'agit d'un chef de service, ou de notre prof de français, figures d'autorité, nous aurons du mal à réfréner notre éclat de rire. Et s'il s'agit d'un ministre ou d'un président, alors, nous nous amuserons très fort. Dans chaque cas, le personnage dont nous rions incarne le Surmoi, la Loi à laquelle nous avons dû obéir au cours de notre éducation : et son ridicule soudain nous permet de prendre notre revanche, le temps d'un délire à peine conscient.

    Mais notre « Inconscient » n'est pas simplement constitué de frustrations appelant des revanches. Il est aussi traversé de pulsions carrément sadiques. C'est-à-dire qu'il y a un certain plaisir inavoué à faire mal, à faire souffrir, à réduire autrui à l'état de girouette que l'on manie. La formule de Bergson, qui explique le rire par du « mécanique plaqué sur le vivant », va au-delà de la simple perception par l'intelligence d'automatismes ou de conduites inadaptées : elle implique, on l'a vu, l'existence d'une forme de jouissance à réduire autrui à l'état de chose ou d'instrument. Plaisir de supériorité du spectateur, rire qui « châtie » les inadaptés sociaux, euphorie d'un public qui exprime son pouvoir collectif en riant des malheurs ou des conduites non conformes de quelques-uns. Fernand Raynaud déclarait : « Il faut se diminuer pour faire rire » ; il lui suffisait alors d'incarner un personnage ridicule pour attirer sur lui le rire (méprisant) du public inconsciemment sadique. En général, l'acteur qui « fait l'idiot », pour amuser, flatte plus ou moins sciemment ce sadisme social. Quand on dit que « le ridicule tue », on confirme que le rire est une arme qui peut servir la haine. Idem quand, dans un groupe, on essaie de « mettre les rieurs de son côté » : c'est pour récupérer le pouvoir du groupe à son profit (et au détriment de son adversaire).

    On voit ainsi que le « plaisir critique », qui souvent décuple le rire, n'est pas seulement l'expression d'une revanche bien compréhensible de la part d'un rieur qui se souvient vaguement avoir été frustré : il peut être l'expression d'un sadisme collectif qui renforce les préjugés du groupe, le pouvoir des castes, ou les hiérarchies sociales. C'est dans cette perspective, mais en l'inversant, qu'il faut resituer le plaisir satirique propre aux comédies de mœurs, à la littérature polémique, aux sketches politiques, etc. Il s'agit très souvent, de la part d'un auteur qui ironise ou qui fait rire, d'une réponse personnelle à l'oppression du groupe. Oppression qui peut prendre la forme d'une mode passagère (cf. Les Précieuses ridicules), d'un ordre hypocrite (la caste des faux dévots dans Tartuffe), d'un pouvoir socioéconomique (les hommes d'affaires dans le Topaze de Pagnol). Oppression que fustige l'œuvre littéraire pour nous libérer, et qu'illustre la formule célèbre : « Castigat ridendo mores » (« il - l'auteur - châtie les mœurs par le rire »).
    Ainsi, autant on peut s'alarmer des ambiguïtés du rire sadique (il peut en effet nourrir toutes les formes d'ostracisme, tous les préjugés de classes dans une société donnée), autant on peut comprendre et participer au rire satirique en ce qu'il dénonce la bêtise, ou l'oppression, ou l'injustice, comme c'est le cas dans les meilleures comédies. Mais il demeure vrai que les limites sont parfois difficiles à distinguer, notamment lorsque les auteurs pratiquent ce qu'on appelle le « second degré » (par exemple, un sketch met en scène un raciste caricatural ; l'auteur lui prête évidemment des propos hyper-racistes ; mais voici que le public, lui-même pétri de préjugés, se met à applaudir ces propos qu'il prend au premier degré !!! Comment s'y retrouver ?).

    4) Un plaisir mimétique. « Plus on est de fous, dit le proverbe, plus on rit. » Effectivement, le rire est contagieux : plus la foule est nombreuse, plus les éclats de rire s'enflent. Ce phénomène a donné lieu à une fâcheuse pratique des médias : les rires pré-enregistrés, qui donnent au spectateur isolé le sentiment de participer à une émotion collective, et du même coup, l'entraînent à rire sans qu'il comprenne pourquoi (ce qui peut faire du rire le triomphe de l'abêtissement autant qu'il peut être, par ailleurs, l'expression de l'intelligence...). Et de fait, dans un groupe, il est mal vu de ne pas s'associer à l'euphorie collective : celui qui s'isole ou « ne trouve pas cela drôle » est taxé de « rabat-joie » ; et cependant, après coup, c'est soi-même que chacun peut trouver ridicule lorsqu'il considère les motifs de son hilarité...
    Rire permet de se souder aux autres ; se sentir soudé aux autres permet de rire. Telle est la satisfaction mimétique. Elle explique le caractère contagieux du rire. La part d'inconscient qui alimente le rire suppose en effet qu'on oublie sa « raison » et les censures qui lui sont liées : il est plus facile de faire en groupe ce qu'on ne ferait pas seul, lorsqu'on conserve sa conscience critique. La phrase « plus on est de fous, plus on rit » peut ainsi être lue à l'envers : « plus on rit, plus on peut se permettre d'être fous ensemble », c'est-à-dire : plus on peut se permettre de régresser collectivement dans des émotions infantiles. Et ce plaisir mimétique n'est pas sans rappeler la notion de « saturnales », lorsque le public en vient à rire de ce même ordre social qu'il respecte par ailleurs...

    Il y a donc quelque chose de l'ordre du défoulement collectif, plus ou moins hystérique et plus ou moins abêtissant dans le plaisir du rire, - quand bien même notre intellect et notre culture du comique ont été, au départ, absolument nécessaires au déclenchement de l'hilarité. Ce qui confirme cette conclusion, c'est le « remords » d'avoir ri qu'on éprouve parfois, lorsqu'on vient de rire largement du malheur ou du ridicule d'autrui, en s'étant laissé entraîner par le groupe. Musset ne disait-il pas, à la suite d'une représentation du Misanthrope et de la « mâle gaieté » que répandent les grands textes de Molière, que « Lorsqu'on vient d'en rire, on devrait en pleurer »...


    LES NIVEAUX DE COMIQUE

    Les composantes du « plaisir de rire » que nous venons de dissocier se mêlent le plus souvent dans les spectacles qui nous « amusent ». Lorsqu'il s'agit de théâtre, on distingue classiquement cinq niveaux de comique, des plus grossiers aux plus subtils. Cette différenciation des formes du comique permettra, simultanément, de hiérarchiser les significations plus ou moins profondes que les auteurs dramatiques donnent à leurs pièces.


    1) Le comique de gestes

    Du coup de pied au derrière à la chute malencontreuse, des mimiques faciales aux gesticulations, c'est là une forme de comique élémentaire qu'aucun grand auteur n'a méprisée (Molière, Beaumarchais, Charlie Chaplin, etc.). Les effets de décor, la manipulation d'objets (voir l'usage qu'en font les clowns), les didascalies parfois très détaillées qui font de l'auteur le premier metteur en scène de son théâtre, tout est à repérer et commenter. L'invention de « gags » se retrouve naturellement dans de nombreux films comiques, de Jacques Tati ou de Louis de Funès par exemple.


    2) Le comique de mots

    Il comprend bien entendu les jeux de mots et tout ce qui est de l'ordre de l'inflation verbale (cf. l'histoire du rhume dans La Cantatrice chauve de Ionesco), mais aussi les mots d'auteur et les répliques ciselées que l'on peut souvent détacher de leur contexte (cf. le docteur Knock déclarant « Tout homme en bonne santé est un malade qui s'ignore. »). Cependant, le plus souvent, les meilleures répliques tirent leur saveur de la situation où elles sont prononcées, par des personnages souvent inconscients du comique de leurs phrases, comme Géronte s'écriant dans Les Fourberies de Scapin : « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?! »


    3) Le comique de situation

    Ce dernier découle des péripéties de l'intrigue. L'auteur s'ingénie à placer ses personnages dans des circonstances imprévues, généralement embarrassantes. Il en résulte des malentendus, des quiproquos, des rencontres fâcheuses (situation classique des comédies de boulevard : le mari surprend son épouse dans les bras de son amant), d'où des engrenages délirants comme sait en composer Feydeau.


    4) Le comique de mœurs

    Il s'agit cette fois de faire rire les spectateurs devant le tableau caricatural d'un milieu social, d'une profession, des mœurs dites modernes, etc. C'est le cas notamment chez Molière, avec sa galerie de « Précieuses » (ridicules), de médecins (infatués de leur savoir), de « bourgeois » (qui se veulent gentilshommes) ou de ses pédants burlesques (type Vadius ou Trissotin). Le comique de mœurs peut être :
    - tantôt purement « comique » : l'auteur caricature les tendances de son époque, les manières de vivre, de parler ou de penser à la mode, en grossissant le plus souvent les traits de ses personnages ;
    - tantôt (ou simultanément) « satirique » : l'auteur attaque directement les vices de son siècle (l'hypocrisie religieuse, la corruption financière, les préjugés sociaux) ; le rire franc fait alors place à l'ironie incisive, aux mots ou aux tirades féroces, qui peuvent parfois viser des contemporains précis.


    5) Le comique de caractère

    Cette fois, le rire porte sur la psychologie, sur les contradictions ou les faiblesses de la nature humaine, sur les grands « types » humains. Le dramaturge peint par exemple l'avarice, la vanité, la colère, le snobisme, en faisant rire du comportement rigide ou obsessionnel des personnages atteints de ces vices. Notons qu'ici, ce n'est pas forcément le caractère lui-même des personnages, qui nous amuse : on rira plutôt des inadaptations qui en découlent, des effets de contrastes qui peuvent en résulter, etc. Ainsi, le « Misanthrope » de Molière ne devient risible que parce que, tout en déclarant haïr le genre humain (ce qui n'est guère drôle), il prétend malgré tout se faire aimer d'une jeune coquette dont il est amoureux. De même, Don Juan ne fait pas rire par lui-même (il est trop démoniaque pour cela) : mais l'opposition de son personnage au valet bavard qu'est Sganarelle, la paire pittoresque qu'ils forment tous deux, font de leurs échanges et de leur relation un duo comique.


    6) Le comique de « l'irréel » ?

    A ces cinq traditionnels niveaux de comique, qui souvent se mêlent dans une même scène, nous serions tenté d'en ajouter un autre qu'on pourrait définir comme le comique de l'absurde ou de l'irréel. Une pièce de Ionesco comme La Cantatrice chauve, par exemple, où se trouve naturellement du comique de mots ou de situation, nous fait rire en développant des scènes anormales, aberrantes, délirantes, - qui ne sont d'ailleurs souvent qu'un grossissement caricatural des incohérences du monde social ; l'auteur parodie ou inverse les stéréotypes du langage et des conventions quotidiennes, il déstabilise les habitudes de pensée que nous croyons les plus naturelles, et nous fait alors prendre conscience de l'absurdité des normes qui gouvernent nos vies. De nombreux sketches modernes, dont ceux de Raymond Devos, s'inscrivent dans cette veine : ils nous révèlent l'irréalité du réel, en faisant ressortir par un certain nombre de procédés (fort classiques) les logiques délirantes qui sous-tendent la réalité la plus banale.



    LES PROCEDES QUI FONT RIRE

    Une chose est de différencier les niveaux de comique, une autre est de repérer comment, dans quelque type de rire que ce soit, l'auteur s'y prend pour faire rire. Les contenus des situations ou des réalités qui nous amusent sont souvent graves, on l'a vu ; les motivations profondes qui se manifestent dans le rire s'alimentent à nos angoisses ou à de troubles pulsions : comment donc déclencher le rire à propos de ce qui pourrait tout aussi bien engendrer de la tristesse ou de la colère ? Voici donc quelques procédés classiques, parmi les plus fréquents.


    Le grossissement du trait

    C'est le principe premier de toute caricature. Le trait doit à la fois être ressemblant et exagéré. Notre plaisir est de reconnaître l'exactitude du croquis dans ce qui est pourtant une incroyable déformation , et vice-versa. Plaisir de reconnaître, plaisir aussi de mesurer l'écart entre le portrait et le modèle (il ne faut pas que cela soit « trop gros », ou alors, il faut que ce soit pris au « second degré », etc.). Ainsi pourrons-nous rire du caractère épouvantablement égoïste et entêté d'Orgon, lorsque celui-ci affirme :
    Et je verrais mourir frère, enfants, mère et femme
    Que je m'en soucierais autant que de cela.



    Les répétitions

    Comme les anaphores en poésie, les répétitions produisent un effet d'amplification du jeu (du motif comique, de la raideur d'un personnage, de la « logique » de l'absurde), et donc, provoquent un rire croissant du public, « qui n'en peut plus ». C'est le cas de répliques comme le « Sans dot ! » de l'Avare, ou le « Y a pas de doutes, il s'en sert ! » du sketch « J'ai des doutes » de Raymond Devos.


    Le contraste, l'opposition

    D'une part, la mise en contradiction d'un personnage avec lui-même ou avec un autre, produit des effets de symétrie plaisants ; d'autre part, dans une même scène ou d'une scène à l'autre, nous pouvons avoir des ruptures brutales ou des inversions inattendues. Par exemple, dans Les Femmes savantes, Vadius et Trissotin ne cessent de s'entre-flatter excessivement, puis l'un d'eux ayant critiqué le poème de l'autre, se livrent à une série d'injures de plus en plus grossières. Le thème de l'arroseur arrosé (un personnage est victime du stratagème même qu'il a mis au point pour piéger les autres), les contradictions entre ce qu'un personnage dit et ce qu'il fait (les défis grandiloquents et les lâchetés réelles de Matamore dans L'Illusion comique de Corneille), les renversements de situation sont une source inépuisable de rires fondés sur l'opposition.


    La parodie, la satire, le pastiche

    Ces procédés, le plus souvent liés au comique de mœurs, ont ceci d'original qu'on ne peut les comprendre que si l'on connaît les réalités originelles (situations, scènes historiques, œuvres, phrases, etc.) qui sont imitées/décalées/déformées, - contrairement aux trois procédés que nous venons d'exposer, dont la saisie se fait directement. Cependant, la parodie et le pastiche usent des mêmes techniques : exagération de stéréotypes, inversions du réel, transpositions ou déformations plus ou moins subtiles qui font prendre une distance ironique vis-à-vis des modèles imités, et naturellement, recours aux figures de style les plus efficaces (l'antithèse, le chiasme par exemple). Comme exemple de pastiche, on peut citer cette formule à propos du tiers-monde : L'homme est une louve pour l'homme, formule qui, en parodiant le fameux Homo homini lupus, laisse entendre que l'Occident continue d'exploiter férocement les pays pauvres qu'il affecte d'aider.


    Le monde renversé

    Au-delà des mécanismes que nous venons de rappeler, ce procédé opère l'inversion systématique de tout ce qui semble ordinaire et normal, produisant ce « comique de l'irréel » évoqué ci-dessus, qui peut déclencher aussitôt la joie infantile d'échapper aux rigueurs du monde tel qu'il est, ou le rire satirique face à une situation absurde plus vraie que le vrai...


    Tous ces procédés, notons-le en conclusion, obéissent parfaitement à la loi décrite par Henri Bergson, selon laquelle nous rions chaque fois que nous percevons « du mécanique plaqué sur du vivant ». On peut renvoyer ici à la lecture de son ouvrage (Le Rire), qui fourmille d'exemples de répétitions, ruptures, inversions, quiproquos, raideurs, inadaptations, symétries, engrenages, amplifications, etc.

     

     


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