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    L’ALLIANCE ETHNIQUE, UNE VALEUR POUR LA RESOLUTION DES CONFLITS ARMES:

    CAS DE LA CÔTE D’IVOIRE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BOUATENIN

    Adou Valery Didier Placide

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’ALLIANCE ETHNIQUE, UNE VALEUR POUR LA RESOLUTION DES CONFLITS ARMES:

    CAS DE LA CÔTE D’IVOIRE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    SOMMAIRE

     

     

     

     

     

     

    Résumé                                                                                                                               p.8

     

     

     

    Préambule                                                                                                                            p.9

     

     

     

    Introduction                                                                                                                         p.12

     

     

     

    I-                  Alliance ethnique: Concept européen ou africain                                      p.14

     

     

    II-               L’impact de l’alliance ethnique dans la résolution des conflits armes                 p.18

     

     

    III-             l’apport de l’alliance ethnique dans la réconciliation en côte d’Ivoire                 p.24

     

     

     

    Conclusion                                                                                                                           p.9

     

     

     

    Bibliographie                                                                                                                       p.30

     

     

     

    Table de matière                                                                                                                 p.34

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A la mémoire des victimes de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La bonne entente rend la concession agréable.

    (Proverbe Baoulé, Côte d’Ivoire)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vous avez entendu qu’il a été dit :Œil pour œil et dent pour dent. Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant, au contraire, quelqu’un te donne un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre […] afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.

    Matthieu 5, 38-45

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    REMERCIEMENT

     

     

     

     

     

     

     

                Nous tenons à remercier l’Université Eberhard Karls de Tübingen qui nous a octroyé une bourse d’étude et de recherche, et en particulier Docteur SADIKOU Nadjib, collaborateur du projet ‘’ Wertewelten’’. Ce dernier nous a beaucoup aidé pour notre séjour en Allemagne.

                Aussi, tenons-nous à remercier tout le personnel de l’Institut Franco-Allemand à Ludwigsburg, surtout Messieurs Frank BAASNER et Stefan SEIDENDORF, Clémentine CHAIGNEAU, et sans oublier le personnel de la bibliothèque avec son directeur Martin VILLINGER, et Monsieur FROIDEVAUX. Merci à vous pour les documents , la bibliothèque et votre temps à ma disposition.

                Nous n’oublions pas les parents, les amis, les camarades qui nous ont soutenu à travers leur prière et leurs conseils. Merci à vous tous, de loin comme de près, nous avez soutenu, aidé  pour la réalisation de cette présente étude.

                Merci au peuple ivoirien, qui fait l’effort de se pardonner et de se reconcilier, et de partir à zéro, ainsi dire, pour bâtir la Côte d’Ivoire. Merci à tous ceux, amis de la Côte d’Ivoire, sans arrière pensée, soutiennent les Ivoiriens dans leur processus de paix, de dialogue et de reconciliation.

    Un grand merci à vous tous !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    RESUME

     

     

     

     

     

     

     

                La Côte d’Ivoire secouée par une crise politique depuis dix ans espérait trouver une solution à l’issue d’une élection présidentielle. Là encore, elle fait face à une nouvelle crise appelée " crise post-électorale". Certains pensent que cette crise est d’abord ethnique, d’autres par contre, affirment que la crise est d’ordre religieux. En Afrique, et partout ailleurs, les crises sont d’abord politique avant d’être religieux ou ethnique. Ainsi, face à ces crises une valeur est refoulée, une valeur qui devrait guider l’action des hommes pour maintenir la paix et la reconciliation. Cette valeur refoulée et ignorée n’est autre que l’alliance ethnique. C’est pourquoi le thème choisi pour cette étude s’intitule ainsi "L’alliance ethnique, une valeur pour la resolution des conflits armés: cas de la Côte d’Ivoire".

                A travers ce thème, il est question de montrer que l’alliance ethnique est un pacte signé entre deux ou plusieurs groupes ethniques permettant de preserver l’entente, la fraternité afin d’éviter d’éventuels conflits armés. Cette alliance, autrefois sacrée doit être aussi pour l’époque actuelle une valeur morale et culturelle qui doit guider les hommes dans leurs actions pour prévenir les conflits. Enfin, il est question de faire inculquer cette valeur aux hommes afin qu’ils la cultivent tout au long de leur vie quotidienne.

                Pour atteindre les objectifs fixés, il faut d’abord définir le conflit armé, l’alliance ethnique avant d’ établir le rapport entre l’alliance ethnique et le conflit armé. Ce qui emmènera, bien sûr, a avoir que l’alliance ethnique est une valeur morale et culturelle.

                L’étude permettra d’appréhender les notions telles que l’alliance ethnique, les parentés à plaisanterie, le conflit armé, la paix et la reconciliation.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    PREAMBULE

     

     

    En Côte d’Ivoire, est-ce un conflit ethnique?

     

                En Côte d’Ivoire, demander à un Ivoirien pour savoir la nature de la crise qui perdure, il vous réprondra, sans doute, qu’il s’agit, comme le dit Bernard N. Owusu SEKYERE1 dans son article ‘’Towards a sustainable peace and reconciliation in Côte d’Ivoire’’, dans lequel il reprend les dires de Human Right Watch:

    If you are from the north, you are subhumain…

    Pour ainsi dire qu’il vous répondra qu’il s’agit d’un conflit ethnique ou identitaire. Un conflit ethnique dont Daniel CHIROT et Clark McCAULY2 ont présenté les raisons, selon leur enquête:

    Southerners were lazy and uncivilized. They had releid on northerners for all the work that once made Ivory Coast prosperous. While northerners had built impressive chiefdoms and states and  understood what it was to respect authority and tradition, southerners were savage who had lived in anarchy in their southern forest until the colonial period. The french had given the southerners too much power and could not be trusted either. Peace could only be reestablished if southerners shared power with northern and recognized their contributions, but given the natural inclinations of southerners, thus was unlikely. […]. Southerners, according to their own explanation offered in great detail, especially by educated professionals, is that they were kind enough to allow the improverished northerners to come and work on southern lands and share in the wealth of the land, but now these ungrateful and backward people from the north want to take over and run a country that is not theirs.

     

    Venons en au fait. La Côte d’Ivoire est composée d’une soixantaine d’ethnie qui sont regroupées en quatre grands groupes socioculturels et linguistiques. Ce sont: Les KWA( sous groupe Akan, venus du Ghana, ce sont les Abron, Agni, Baoulé…), les GUR( venus du Burkina Faso: Sénoufo, Tagbana, Djimini…), les KROU( venus du Libéria: Bété, Dida, Wè, Bakwé…) et les MANDES( Mandé du sud et du nord: Yacouba, Dan, Gouro, Gaou, Koyoka…). En plus de cette composite, la Côte d’Ivoire est pour ainsi dire un pays musulman avec 38% de musulmans sur tout l’étendue territoriale. Les chrétiens viennent en seconde position avec 27,5%. Il n’a jamais eu de discrimination ni de marginalisation ni d’xénophobie, à notre avis. Au contraire ce peuple composite vivait en parfaite harmonie avec les étrangers jusqu’au jour le syntagme ‘’ ivoirité’’ est rentré dans le vocabulaire langagier des Ivoiriens. C’est ce syntagme qui va déclencher chez l’Ivoirien un certain type d’égocentisme. L’ivoirité est une fable de création recente et interne comme le souligne Cathérine COQUIO3:

    L’ivorité, elle, est une fable de création recente et interne.[…]. Ce recit des orignes, fabriqué par deux hommes de science, a été commandité, consacré et recompensé par un homme d’État: Pierre Kipré, historien, et Niangoran Boua, antropologue, ont posé les concepts d’ivoirité de circonstance et d’ «ivorité de souche ou multiséculaire» - qui ont fait parler à Henri Konan Bédié, président successeur d’Houphouët Boigny en 1993, de ‘’ nouveau contrat social’’.

     

    Elle ne s’arrête pas là, elle va plus loin en disant que « le dispositif de l’ivoirité était destiné à exclure du jeu électorat et politique Alassane Ouattara… ». Dans tous les cas, le syntagme


    1-       Bernard N. Owusu SEKYERE, Towards a sustainable peace and recociliation in Côte d’Ivoire

    2-       Daniel CHIROT et Clark McCAULEY, Why Not Kill Them All?, chapter four, Strategies to decrease mass murder, p. 203

    3-       Cathérine COQUIO, Côte d’Ivoire, le piège ethnique. http:// aircrigeweb.free.fr/ressources/coteivoire/civ-coll02/coteivoir…

    est enfanté et véhiculé par la presse, par les chaines de télévisions nationales comme internationales. Et pire, par l’incompréhension du terme, l’Ivoirien cherchait à tout prix à prouver son identité, à montrer à la face du monde qu’il est Ivoirien de naissance de père et de mère, voire ancestral. La politique a miné les relations ethniques et les Ivoiriens se sont jetés dans la gueule du loup, pour ainsi parler, en faisant des frustrations de part et d’autre.

           Le terrain miné d’une démocratie ethnique est forcement le terrau de frustrations chroniques qui engendrent un cycle de violence et contre violence de moins en moins politique et de plus en plus ethnique4

    Tout s’aggrave lorsqu’on prend la partie nord du pays, on constate que le sud est assez développé, comme l’ont souligné Daniel CHIROT et Clark McCAULEY ci-dessus :

           Northern Côte d’Ivoire is underdevelopped and its people live in abject proverty and have limited income earning opportunities and acces to social services5

    Ce fait vient dégrader la situation fragilisée par le syntagme ‘’ivoirité’. En d’autres mots, les nordistes se verront marginaliser, se verront prendre pour des étrangers. Et pourtant, il y a certains nordistes qui ont épousé des sudistes et vice versa, et d’autres par contre ont embrassé la religion chrétienne et vice versa. Le sous développement du nord ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier, cet argument est depassé. Le constat en Côte d’Ivoire est net: les cadres du nord ne construisent pas chez eux, ils préfèrent construire et investir dans le sud. La majorité des propriétaires immobiliers au sud sont des nordistes.

    Aussi, est-il important pour nous de savoir qu’en Côte d’Ivoire, le véritable problème n’est pas tout à faire de savoir qui est qui ou qui fait quoi, mais le véritable problème réside dans la politique, politiquement et économiquement parlant. La majorité des Ivoiriens veut avoir leur propre monnaie, être économiquement indépendante. Et ce fait est voiler par, soi-disant, un conflit ethnique. De tous les crises en Côte d’Ivoire, on n’a jamais dit qu’un tel groupe ethnie est allé combattre un tel autre groupe ethnique, mais que les crises risquent d’être des conflits ethniques. Voici la vérité. En brandissant l’étendard du conflit ethnique, les politiciens ont cru amadouer le peuple pour les emmailloter dans leur dessein marcabre. Nous sommes conscient que la diversité ethnique est souvent facteur d’instabilité; les politiciens le sachant vont l’utiliser à bon escient pour leur propre fin, comme le souligne Bernard SEKYERE6:

           These social differences have been politicised along ethnic and nationality lines, in line with concepts of conflict theory. Social differences can indeed lead to economic marginalisation and ethno-religious discrimination, and thus constitute a basis for structural violence. The ivoirian conflict is fundamentally the result of politicised ethno-economic and religious differences.

    Prêtons le terme de COQUIO, à part l’Ouest de la Côte d’Ivoire qui présente une autre crise, qui me semble, doit être étudiée afin de trouver une solution, un éventuel conflit en Côte d’Ivoire dit conflit ethnique est un «mythe ethnologique» faconné et engendré par la classe politicienne ivoirienne et alimenté par les médias nationaux et internationaux qui présentent ce que leur dictent les politiques. La Côte d’Ivoire reste donc une et indivisible. Aucun groupe ethnique n’a point de griefs contre un tel groupe ethnique. Ce sont des préjugés engendrés par la politique.

    Avons-nous chanté sur tous les toits du monde qu’il y a un conflit ethnique en Côte d’Ivoire, et pourtant il n’était pas question de cela. A notre avis, c’est ce qui pourrait y arriver après la crise post-électorale à travers la commission vérité, justice et reconciliation. Dans notre introduction, nous avons mentionné que des groupes d’insurgés prétendaient combattre pour venger la mort du général Robert Guei, tué à Abidjan au matin du 20 septembre 2002. On ne peut pas parler de vérité, de justice et de reconciliation si tous les ingredients ne sont pas réunis.


    4-       Voir note 3.p.9

    5 et 6- Voir note 1, p.9

    Avec Gbagbo Laurent, tous les protagonistes étaient présents pour jouer la pièce théâtrale afin d’amuser la galerie qui est le peuple ivoirien. Avec Alassane Ouattara, c’est une autre scène théâtrale qui sera présentée au peuple ivoirien sans peut-être les véritables protaganistes tels que Gbagbo Laurent, Affi N’guessan, Blé Charles, Simone Hirvet…parce que enfermés pour la plupart ou en fuite. Cette commission vérité, justice et reconciliation, au lieu de panser les plaies, créera, sans doute, au contraire des frustrations qui engenderont plutard un conflit ethnique. Pour l’heure, en Côte d’Ivoire, on ne parle pas d’un conflit ethnique. L’ivoirité a occassionné le problème d’identité mais elle n’a pas engendré de conflit ethnique.

    Le conflit en Côte d’Ivoire n’est pas d’ordre ethnique mais plutôt d’ordre politique. C’est-à-dire qu’en Côte d’Ivoire, il y a un problème de leadership, de personne, d’individu et non d’un groupe ethnique. Le peuple vivait en harmonie sans méfiance jusqu’à ce qu’on vienne dire que celui-ci est étranger, et comme ce dernier a un nom musulman et vient du nord, les médias internationaux diront qu’il y a une discrimation faite aux gens du nord. C’est encore des préjugés. C’est encore la politique.

           The danger of ethnic prejudices is not only that they estrange peoples and promote fiction between ethnics groups, but also that they actively encourage the isolation of national minorities and the developpment of tribaleistic frames of mind and emotionally charged attitude to their language and peculiarities of culture.7

    Les gens du nord vont se sentir minoritaires, et vont se plier sur eux-mêmes et vont s’isoler car se disent rejetés par les sudistes ou par la majorité des Ivoiriens. Et pourtant tel n’est pas le cas. Parler d’un conflit ethnique reviendrait à demontrer qu’un groupe ethnique du sud est allé combattre un tel groupe ethnique du nord, du centre, de l’ouest ou de l’est. Soulignons que la crise en Côte d’Ivoire est vue par l’ensemble des communautés internationales comme un conflit ethnique bien qu’elle soit une pure invention de la politique. De toutes les manières, quelle que soit la nature du conflit, l’on a tendance d’abord de l’appréhender comme un conflit ethnique. Et pour panser cela, surtout en Côte d’Ivoire, il faut miser sur l’alliance ethnique, gage d’une reconciliation durable et d’une paix solidifiée. Néanmoins, retenons qu’en Côte d’Ivoire , il n’est pas question de conflit ethnique, car le vrai coupable est «le système politique qui manipule les ethnies»8 Ne parlons plus de cela, songeons plutôt aux nouvelles force du pays. Nous pensons donc qu’en Côte d’Ivoire, il faut songer, à travers l’alliance ethnique, faconner un autre Ivoirien qui désire marcher sur les valeurs morales et culturelles, pour l’intérêt de la nation, pérenniser la paix, gage d’un développement durable. Reprenons donc les dire de COQUIO qui cite Bernard Dreano, en guise de conclusion.

          Les forces de la société civile qui s’opposent au déchirement ethnique existent sur le terrain, mais sont actuellement faible et peu audibles, plus faible qu’en Bosnie en 1994 par exemple et là justement l’intervention militaire a été conduite d’une manière qui n’avait pas pour objet d’élargir leur capacité d’action. Mais ces forces existent et ont un écho qui ne se limite pas au seul territoire ivoirien. La question concerne en effet toute la region et les protagonistes ne se limitent pas aux chefs ivoiriens( Gbagbo, Ouattara, Bédié et les inquiètants personnages qui vont surgir dans la crise actuelle)ni aux dictateurs comme Compaoré et Eyadema. L’autre Afrique existe tout autant, à travers des artistes, des intellectuels, des militants des organisations de droits de l’homme, des groupes de femmes, etc…et même de certains leaders politiques. C’est à celle-là que nous devons apporter notre concours, c’est celle-là qui doit faire qu’il y ait assistance aux peuples en danger et nonune  opération de police néo-coloniale [comme la France en Côte d’Ivoire]9


    7-       Tsega ENDALEW, Luba Basa and Harma Hodha: traditional mechanisms of conflits resolution in metekkel, Ethipia. Asien-afrika institut universität humburg,p.6

    8-       Joseph NDAHIMANA, le vrai coupable: un système politique qui manipule les ethnies, in dialogue, n°197 (mars-avril 1997), pp.34-36

    9-       Voir note 3 du document,p.9

    INTRODUCTION

     

     

                Située en Afrique de l’Ouest, faisant frontière au nord avec le Burkina Faso et le Mali, à l’est avec le Ghana et à l’ouest avec le Liberia et la Guinée-Conakry, la Côte d’Ivoire, pays phare de la sous region, ne se retouve plus tant au niveau national qu’au niveau international. Depuis donc la mort du premier chef d’Etat, Felix Houphouët Boigny, le pays est sombré dans une crise politique à n’en point finir. Le 24 décembre 1999, le président Henri Konan Bédié, successeur légitime selon la constitution du pays, est destitué au profil du général Robert Guei, ancien chef d’état major. Le 15 janvier 2000, la constitution d’un gouvernement de trasition sous ère Guei met au jour les rivalités opposants les deux principaux dirigeants politiques, le libéral Alassane Ouattara (RDR) et le socialiste Laurent Gbagbo (FPI). Le 19 septembre 2002, un groupe de soldats tentait un coup d’état, puis se présentait comme des membres du Mouvement Patriotique de la Côte d’Ivoire (MPCI) et le 28 novembre, deux autres groupes d’insurgés apparurent dans l’ouest du pays. Mouvement  pour la Justice et la Paix (MJP) et le Mouvement Patriotique du Grand Ouest (MPiGO). Ils prétendaient combattre pour venger la mort de Robert Guei, tué à Abidjan (capitale économique) au matin du 20 septembre 2002 et pour renverser le président Laurent Gbagbo d’alors1. Et depuis lors, la Côte d’Ivoire est plogée dans une crise politique sans fin; espérant trouver une solution à l’issue d’une élection présidentielle(28 novembre 2010). Là encore, elle fait face à une nouvelle crise : «crise post-électorale». Les deux rivaux, cités ci-dessus, s’autoproclamaient, tout deux, président d’un tout petit pays qui est la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara est annoncé vainqueur des élections par la Commission Electorale Indépendante(CEI) à l’hôtel du Golf, quatier général d’Alassane Ouattara et certifié par l’ONU en la personne de Monsieur Choi, et Laurent Gbagbo est déclaré vainqueur lui aussi par le conseil constitutionnel, l’organe suprême du pays, qui se dit avoir quarante huit heures pour sanctionner et déliberer, ce qui n’était pas le cas. Donc en 2010, le pays a eu deux présidents, et les deux camps ne voulaient pas entendre raison ni écouter le peuple qui souffre. Ce qui a engendré un conflit armé dans tout le pays faisant de nombreuse victmes. Finalement, Alassane Ouattara a eu le dessus, aidé par la France et l’ONU. Aujourd’hui,il parle de mettre en place une commission vérité, justice et paix (peut-être, c’est déjà fait). Il faut l’avouer, sous l’ère Laurent Gbagbo, cette commission n’a pas eu véritablement de resultat escompté du fait que le véritable problème n’a pas été touché. Chacun est venu jouer à la victime. En Côte d’Ivoire, ou en Afrique et partout ailleurs, les crises sont d’abord politiques avant d’être religieuses ou ethniques. Le problème en Côte d’Ivoire est d’ordre politique, et ce problème est bien rejeté du revers de la main gauche et puis récupéré par la main droite à des fins personnelles. Face à ces crises ou ces conflits, toutes les solutions ont été proposées et envisagées en ignorant le règlement traditionnel des différends qui mise sur une valeur, une valeur qui devrait donc guider l’action des hommes, des politiciens et des politiques pour maintenir la paix et la reconciliation dans leur pays. Cette valeur refoulée et ignorée n’est autre que l’alliance ethnique, c’est pourquoi le thème choisi pour cette étude s’intitule « L’alliance ethnique, une valeur pour la résolution des conflits armés: cas de la Côte d’Ivoire». A travers ce thème, il est question de montrer que l’alliance ethnique est un pacte signé entre deux ou plusieurs groupes ethniques, voire entre des personnes d’ethnie différente permettant de preserver l’entente, la fraternité afin d’éviter d’éventuels conflits armés.


    1-       http://news.abidjan.net/documents/docs/Politique Africaine n°89-L’ouest de la Côte d’Ivoire- un conflit liberien. pdf

     

    Cette alliance, autrefois sacrée doit l’être aussi pour l’époque actuelle une valeur morale et culturelle qui doit guider les hommes, les politiques et les politiciens dans leur action pour prévenir les conflits armés. Enfin, il est question de faire inculquer cette valeur aux Ivoiriens, en particulier, et aux hommes, en général, enfin qu’ils la cultivent tout au long de leur vécu quotidien. Pour atteindre les objectifs fixés, il faut d’abord définir le conflit armé, l’alliance ethnique avant d’établir le rapport entre l’alliance ethnique et le conflit armé. Ce qui emmènera, bien sûr, à voir que l’alliance ethnique est une valeur morale et culturelle à valoriser. Cette présente étude permettra donc d’appréhender les notions telles que l’alliance ethnique,les palabres à plaisanterie, le conflit armé, la paix et la reconciliation. Pour bien mener cette étude, nous nous sommes proposé trois axes de réflexions:

    I-                   L’alliance ethnique: concept européen ou africain?

    II-                L’impact de l’alliance ethnique dans la résolution des conflits armés.

    III-              L’apport de l’alliance ethnique dans la reconciliation en Côte d’Ivoire.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    I-                   ALLIANCE ETHNIQUE: CONCEPT EUROPEEN OU AFRICAIN?

     

     

    Le syntagme « alliance ethnique » est composé de deux mots qui sont « alliance » et « ethnique ». En tenant compte de la définition que nous donne le dictionnaire, nous verrons que le syntagme « alliance ethnique » implique une union entre deux ou plusieurs groupes ethniques. L’alliance est un lien sacré entre deux familles ou deux groupes ethniques, qui est fondé sur un traité assorti d’un ou plusieurs mariages et qui fait entrer des personnes et leur descendance dans la parenté réelle ou fictive d’une autre famille. La plus petite alliance est le mariage, la plus grande un traité de paix ou d’hospitalité entre deux nations ou plusieurs nations. Cette dernière catégorie est souvent assortie d’un mariage croisé entre les enfants des chefs ou des rois1. Telle est la définition générale que l’on pourrait donner au syntagme « alliance ethnique ». Est-ce donc un concept européen ou africain ?

     

    1-      Alliance ethnique : concept européen ?

     

    En Europe, l’alliance ethnique est nouveau car les européens entendent beaucoup parler à travers les médias de conflits ethniques comme le souligne Bruce GILLEY dans son article intitulé ‘’Against the concept of ethnic conflict’’2

    Today, the study of ethnic conflict is major growth industry, new journal and research centres have been lauched to study etnic conflict, while an increasing number of scholars cast their work in thus mould. There have been 43 books published in English with the term ‘’ethnic conflict’’ in the title since 1990, compared with just 17 before then. One online database of English language scholarly journals lists 249 articles with the therm ‘’ethnic conflict’’ in the title written since that the start of 1990, versus just 23 with the ‘’class conflict’’ in the title over the same period. Huntington’s ‘’clash of civilization’’, ethnic conflit write large, has been deemed the greatest political challenge of our time.

    En france, par exemple, seul le mariage crée juridiquement l’alliance. C’est ainsi que pensent beaucoup d’européens. Pas de mariage, pas d’alliance ethnique. Cependant, l’alliance ethnique n’est pas aussi nouveau que cela semble l’être en Europe comme dans les pays développés. En effet, Claude Lévi-Strauss, dans son ouvrage ‘’Les structures élémentaires de la parenté’’ dit , par la théorie de l’alliance, que l’alliance permet à differents groupes sociaux de s’allier pour des échanges commerciaux et matrimoniaux, également de réunir les forces en cas de conflits3. Si nous en tenons à la définition que l’alliance est un traité signé entre deux familles, deux groupes ethniques ou deux nations, et celle de Lévi-Strauss, nous remarquerons tout de suite que c’est par erreur que l’on joint à « ethnique », « conflit », et que les européens refusent d’admettre que l’alliance ethnique peut exister sans le mariage. Walter A. KEMP, dans son article ‘’The business of ethnic conflict’’ le dit sans ombrage : « IT IS ALMOST A CLICHE that the “ ethnic” is followed by “ conflict” »4. En effet, l’Europe, à travers, l’union européenne, n’a-t-elle pas signé de traités de paix et d’échanges commerciaux ? Il semble que l’union européenne n’est pas une seule nation mais ensemble de plusieurs nations. D’où vient donc l’idée qu’il n’y a pas d’alliance ethnique en Europe ? Ou est-ce le mot « ethnique » qui dérange un peu ? C’est vrai qu’en Europe, on ne parle parle d’ethnie mais de langue et de nation, cela n’empêche pas de reconnaître que l’alliance n’est pas seulement le fait de contracter un mariage.


    1-       http:// fr.wikipedia.org // wiki // Alliance_(famille)

    2-       http:// www.hks.harvard.edu/fs/pnorris/Acrobat/stm 103 articles/Gilley_Concept_Ethnic_Conflict.pdf

    3-       Voir note 1

    4-       http://sdi.sagepub.com/content/35/1/43

    Par jeu de mot, les européens ont vite oublié que dans le Moyen-Age, les différents rois ont fait des alliances, et durant les deux guerres mondiales, ils se sont fait des alliés pour , reprenons les mot de Lévi-Strauss, « réunir les forces en cas de conflit ». Si en Kosovo, en Serbie, en Macedonie, en Yougoslavie, pour ne citer que ceux-là , on parle de conflit ethnique, c’est surement qu’il y a des groupes ethniques en Europe. C’est grâce à l’effort de ces groupes ethniques que ces pays cités ont mis fin à leur conflit5. En Europe, l’on parle plutôt de traité de coopération, d’échange commerciaux ou politiques. C’est ce que l’Allemagne et la France font, dans le sens de la coopération, afin de mener une politique d’intégration et de développement des deux pays, hier ennemis, aujourd’hui amis6. Ceci est une forme d’alliance,voire ethnique.

     

    2-      Alliance ethnique : concept africain ?

     

    Avant de dire quoi que ce soit, permettons que nous puissions reprendre entièrement les propos de Marjolaine, car elle a bien élucidé le terme et montré qu’il s’agit bien et bel d’un concept africain, avec l’appui, un témoignage7. Elle dit :

    Dans un taxi que j’empruntai un jour pour rentrer chez moi, le chauffeur après une longue causerie s’écria ‘’ si j’avais su plutôt que tu étais Yacouba, tu ne te serais jamais assise à l’ arrière de mon taxi pour que je te conduise comme un chef, alors que tu es mon esclave ! Mais les Yacouba même ne valent rien quoi !’’ Je compris tout de suite que ce chauffeur devrait être soit un Sénoufo soit un Peulh. Mais vu son accent, il ne pouvait être que Peulh. Je repliquai donc :’’ il faut être Diallo pour parler comme ça à son chef ! C’est pourquoi vous serez toujours chauffeur de taxi pour conduire les Yacouba dans ce pays.

    Et par la suite, elle y ajoute :

          Ce genre de scène est très populaire en Côte d’Ivoire et même dans toute l’Afrique noire. Elle ne choque pas du tout et fait même partie du quotidien des africains. Il s’agit des railleries inter-ethniques qui se produisent entre deux groupes ethniques alliés. Les origines des alliances sont diverses. Elles peuvent être basées sur une histoire vraie ou inventée, mythique ou légendaire. Mais généralement, elles sont à l’origine d’un long et douleureux conflits ancestral à l’issue duquel les deux ethnies scellent un pacte de non violence et d’assistance mutuelle.[…] L’alliance ethniques donnent occassion à des plaisanteries qui ont pour seul but l’autodérision puisque l’on doit accepter sans rancune le regard critique de l’agressseur sur sa propre culture.

                Marjolaine nous a bien, sans doute, situé sur la conception africaine de l’alliance ethnique. Avec l’alliance ethnique ou avec l’ethnie alliée, l’on se retrouve chez soi comme dans sa propre famille. Il est accepté de tous , souvent le plus cheri et adulé que les membres de la famille alliée ou de l’ethnie alliée. En Afrique, l’alliance ethnique est un pacte signé entre deux ou plusieurs groupes ethniques permettant de préserver l’entente, la fraternité, les échanges afin d’éviter d’éventuel conflit et de pérenniser la paix , la convivialité entre les ethnies. Dans certaines alliances ethniques le mariage entre les personnes alliées est proscrit, par contre dans d’autres, il est accepté. Dans tous les cas , elles ont pour objectif de maintenir la paix. Quant à la plaisanterie ou les palabres à plaisanterie ou encore les parentés à plaisanterie, elle est issue de l’alliance ethnique. Et il semblerait que cela a été instaurée par Soundiata Keïta lors de la formation de l’Empire du Mali8.


    5-       Thorsten Stodiek et Wolfgang Zellner, the creation of multi-ethnic police service in the western Balkans:A reccord of mixed success, Deutsche shiflung Friedensforschung, Germany 2007

    6-       Deutsch-Französisches Institut (DFI), une exposition sur les relations franco-allemandes entre 1870 et 1945 à travers la littérature contemporaine : Ennnemi héréditaire, Ami héréditaire, du 15 janvier au 15 février 2008

    7-       Marjolaine, les alliances inter-ethnique, http://l’autre afrique.blogspot.com/2010/12/Les-alliances-inter-ethniques.html

    8-       http://wikipedia.org/wiki/Parenté-à-plaisanterie

    C’est donc « une pratique sociale, observable dans toute l’Afrique occidentale, qui autorise, et parfois même oblige des membres d’une même famille (tels que des cousins éloignés) ou des membres de certaines ethniques entre elles à se moquer ou s’insulter, et ce sans conséquence ;ces affrontements verbaux étant en réalité des moyens de décrispation sociale.[Elle] apparaît donc comme un facteur de rapprochement des groupes ethniques antérieurement opposés [et engage] donc dans une même histoire des groupes géographiquement séparés, des sociétés culturelles différentes, [et brise] de ce fait les cloisons et les barrières psychologiques entre ethnies »9.

    L’alliance ethnique est bien un concept africain issue de la tradition et léguée aux futures générations. Partout, comme nous l’avons dit plus haut, en Afrique, nous trouvons des alliances ethniques, c’est ainsi qu’au Burkina Faso, nous trouvons une alliance entre Samo et Mossi, Bissa et Gourounsi, Bwaba et Peulhs, Dagara et Siamu, Samba et Lobi ( Côte d’Ivoire). De même au Sénegal, il y a une alliance entre Peulhs et Sérères. Il y a tant d’examples que nous en tenons à ceux là.

     

    Nous voyons que le concept de l’alliance ethnique n’est ni européen ni africain, mais universel, car tout homme espère vivre en paix avec l’autre et avoir des relations de convivialité et de fraternelles.

     

     

    3-      Alliance ethnique en Côte d’Ivoire

     

                Il n’est donc pas question pour nous de redéfinir l’alliance ethnique en terme ivoirien mais de présenter quelques allainces ethniques établies en Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire, située en Afrique de l’Ouest et faisant frontière avec le Burkina Faso et le Mali au nord, le Ghana à l’est , la Guinée-Conakry et le Liberia à l’ouest, bien entendu, aura des relations ethniques avec ces pays cités. Aussi, compte-t-elle une soixantaine ethnies, et au file des années ces ethnies ont tissé des liens d’amitiéet de fraternité, et scellé des pactes de non agression et d’assistance mutuelle.(Voir la carte) En Côte d’Ivoire, la majorité de la population va dans les pays voisins pour participer aux funérailles ou aux fêtes de générations car une alliance existe entre la population ivoirienne et la population des pays voisins.Voici donc quelques alliances ethniques que l’on peut rencontrer en Côte d’Ivoire 

    Sénoufo : Yacouba, Koyaka, Lobi, Gouro, Mahouka, Koulango, Abron…

    Koyaka : Sénoufo, Djimini, Koulango, Tagwana…

    Yacouba (Dan) : Sénoufo, Gouro, Djamala, Tagwana, Mahouka…

    Dida : Attié(Akyé), Abbey, Abidji, Kroumen, Godié, Alladian…

    Abbey: Dida, Akyé…

    Ano : Sénoufo, Koyaka, Djimini, Baoulé, Godié, Agni, Baraba, Bini, Bona…

    Baoulé : Ano, Agni, Abron, Baraba…

    Godè: Djamala, Dida, Baoulé, Ano(foué), Koyaka, Mona, Wan, Tagwana…

    Gouro: Yacouba, Sénoufo, Tagwana, Djamala, Djimini, Peulh ( Guinée-Conakry)…

    Koulango: Sénoufo, Koyaka, Abron ( une forte alliance, à telle enseigne que les abrons ne parlent la leur mais parlent koulango), Lobi….

    Abron : Baoulé, Agni, Sénoufo, Koulango, Bron et Ashanti (Ghana)…

    Bété : Dida, Gagou,…

    Sur tout le territoire ivoirien, nous trouvons ces types d’alliances ethniques qui animent le quotidien des Ivoiriens et des étrangers qui y vivent. Ceux qui pensent que la diversité culturelle est source d’incohésion sociale et de conflit, Mamosi leur répond en ces termes :


    9-       Sarr Massamba, conflits identitaires et unité de l’Etat, http://www.memoireoline.com/07/09/2365/m_conflits-identitaires-et-unité-de-l-Etat 12.html

    La diversité est une notion qui fait appel à la différence, à la complémentarité et à la complexité. Il y a diversité lorsque plusieurs catégories ou entités vivent ensemble et s’influence pour des buts, soit communs ou divergents, vue ce sens, la diversité permet à plusieurs éléments divergents de s’entraider et de se soutenir en vue d’atteindre les objectifs communs…10

    La diversité ethnique et culturelle en Côte d’Ivoire est le tremplin de l’alliance ethnique, et grâce à cette diversité, les Ivoiriens pourront trouver une solution à leur mal. Aussi, comment ailleurs ils existent des préjugés ou des stéréotypes, en Côte d’Ivoire également il en existe, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’alliance ethnique aura plus de poids dans la résolution du conflit. Car, c’est elle qui permettra de bannir ces stéréotypes et à réconcilier les fils et filles de ce pays.

     


    10-    Mamosi Lelo, la prise en compte de la diversité dans la fonction publique africaine, http://unpan1.un.org/intradoc/groups/public/documents/cafrad/unpan 00 2326.pdf

    II-                L’IMPACT DE L’ALLIANCE ETHNIQUE DANS LA RESOLUTION DES CONFLITS ARMES

     

     

    1-      Appréhension du terme ‘’ conflit armé’’

     

    Nous ne sommes pas ici pour recenser les causes des conflits armés survenus dans le monde, il y a des décennies ou de l’époque actuelle ; le faire c’est ouvrir d’autres débats or notre sujet suscite déjà un débat que nous tentons de résoudre. Il est question pour nous d’appréhender les différentes définitions que l’on donne à ce terme ‘’conflit armé’’.

    Plusieurs définitions s’offrent à nous. Dans un premier temps, nous avons la définition que nous donne le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL)1:

          Le conflit est un desaccord, une idée s’opposant à une autre ; choc, heurt se produisant lorsque des éléments, des forces antagonistes entrent en contact et cherchent à s’évincer reciproquement. Action d’en venir aux mains, combat ; forte opposition,divergence profonde, différend grave, vif desaccord…

    Puis vient celle de wikipedia2. Avec wikipedia, nous avans plutôt une définition du mot ‘’guerre’’ pour appréhender le syntagme ‘’conflit armé’’ :

          La guerre est un conflit armé opposant au moins deux groupes militaires organisés, reguliers. Elle se traduit ainsi par des combats armés, plus ou moins devastateurs et implique directement ou indirectement des tiers ( personnes). Elle qualifie donc tous les conflits qui ont pour principales caractéristiques la force physique, les armes la tactique, la stratégie ou la mort de certains de partoicipants ou de tiers (personne). Dans le contexte du droit droit international, les belligérants combattent des groupes irreguliers( rebelles, armée illegale..) remplacent souvent le terme guerre par conflit armé,…

    Et enfin la définition de quelques spécialistes. Ils s’affirment que la guerre est le prologement de la politique. Selon le théoricien prussien Carl Von Clausewitz, « la guerre est le prolongement de la politique par d’autres moyens », et Frunck-Brentano et Sorel, dans ‘’Précis du droit des gens’’ , d’ajouter en ces termes « la guerre est l’acte politique par lequel des Etats, ne pouvant concilier ce qu’ils croient être leurs devoirs, leurs droit et leurs intérêts, recouvrent à la lutte armée, et demandent à cette lutte de décider lequel d’entre eux &


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  • PRESENTATION DE L’OUVRAGE LES SECRETS DE L’ACADEMIE DE Michel Alex KIPRE( Cérémonie de dédicace, ABIDJAN, le 08 Juillet 2011.)

     

          J’ ai connu Michel Alex KIPRE, le Samedi 04 Juin 2011 dernier à la faveur de l’atelier organisé par l’association des écrivains à l’Université Charles Louis de Montesquieu et portant sur le thème « Ecrivains, Ecriture et Renaissance de la Côte d’Ivoire ». A la fin de la séance, il m’a approché, dans le cadre de son métier de journaliste, pour m’interroger sur la communication que je venais de présenter. Et nous n’avons plus rompu le contact depuis lors. A notre deuxième rencontre, le 10 Juin, il m’a fait l’honneur de me dédicacer son ouvrage Les secrets de l’académie.  Cet ouvrage, j’en avais entendu parler un jour, parenthétiquement, à la télévision. Mais, l’auteur, lui, me paraissait encore flou dans l’esprit, lui, son nom, son être et sa personnalité. Je ne connaissais cet ensemble que de très loin, sinon, très mal. La lecture de son papier, quant à elle, ne m’a pas laissé sans impressions. L’auteur m’a proposé, il y a quelques jours, de donner libre cours aux impressions reçues à une tribune appropriée : la dédicace de Les secrets  de l’académie.

          En avant-propos du livre, qu’il a nommé ‘’avant d’écrire’’, l’auteur fait part de la perplexité, de l’embarras qu’il a éprouvé à l’initiative de l’écriture de ce livre ; Cet embarras concernait précisément le choix du genre littéraire pour relater ce pan essentiel de sa vie que constitue son passage à l’académie mimosifcom. Je me suis interrogé sur l’opportunité d’un éventuel embarras du choix d’un genre littéraire dès lors qu’il s’agit de faire un testament, de livrer sur la place publique le récit d’un réel vécu. L’auto-questionnement était d’autant plausible que le titre "Les secrets de l’académie" fait penser, d’emblée, à un  article de journal ou à quelque autre écrit journalistique, rendant compte probablement des fruits d’une investigation à l’intérieur d’un institut de football qui a défrayé la chronique en Côte d’Ivoire, en Afrique et même dans le monde entier sportif.

           Cependant, en m’immergeant dans Les secrets de l’académie, je me suis aperçu, après coup, de l’élan non négligeable d’une virtuosité de l’écriture tanguant entre le roman, le journalisme, le théâtre et la poésie, se rivalisant, insolitement, l’expression de faits réels, récemment actuels, à l’échelle publique. C’est qu’il y a, en Michel Alex, la latence de qualités d’un écrivain éclectique, plurigénérique. L’âme de l’artiste était en l’homme ; elle sommeillait. Ele sommeillait d’un sommeil hanté de muses qui parachevaient un processus d’initiation. Lente et longue fut certainement la naissance de l’artiste que Les secrets de l’académie  ont la primeur de révéler au public aujourd’hui. Avec solennité. Le processus d’initiation étant presqu’achevé, l’artiste n’attendait plus que l’accent enchanteur du zaouli pour éclore.

             L’ouvrage comporte huit parties , respectivement intitulées 1O-7 Février 1999 : la révélation, 2O-1993-1994 : Debout pour le travail !, 3O-1995 : l’académie a un an, 4O-1996-1997 : Dans la difficulté, nous progressons, 5O-1998 : le bonheur se réveille toujours dans les bras d’un malheur, 6O-1999 : JMG le poils à gratter, 7O-2000 :Sidney, notre rêve confisqué, 8O-2001 : L’argent ne déforme pas l’homme, il le révèle.  

              En gros, Les secrets de l’académie est le récit du rêve de gospillons de nos quartiers d’ABIDJAN, morveux à la limite, tenaillés par la frénésie du talent footballistique qui, en eux, consumait et se frayait un chemin. Ce qui est intéressant, c’est qu’au rêve de ces minimes, s’associent leurs encadreurs qui croient follement en leurs poulains. Parmi eux, un nom peut attirer notre attention : Michel Alex Kipre, notre auteur qui a dû abandonner son poste de professeur certifié de Lettres dans les lycées, pour se consacrer à l’académie, le nouveau sacerdoce ressenti. Pourtant, Michel n’était rentré à l’académie que par une circonstance favorisée par un autre encadreur : Lambert AMUAH qui s’était constitué en relais entre Jean Marc GUILLOU, venu de France pour entraîner l’ASEC, concepteur et maître du projet.

            En réalité, Les secrets de l’académie dévoile l’envers de la façade du milieu du football. Le grand public ne se gave que de la façade du football, c’est-à-dire, scène sportive de passion sur la pelouse pendant 90mn, l’ambiance d’avant et après-match, le mirage des maillots et autres équipements sportifs, les montants des transferts relayés à grands coups médiatiques. Notre ouvrage, du moins, celui qu’Alex nous propose, lui, met plutôt l’emphase sur l’envers de la façade du foot, lequel envers est meublé d’hésitation, d’incertitude, de galère, de joie idyllique, de simplicité, de conflits déconcertants, de cupidité, de traîtrise, d’illusion, de déception, de la détection et du processus de développement d’une star, du rôle obsédé du formateur et le quotidien du formateur lui-même, de petites histoires entre apprenants, d’une part, et entre apprenants et formateurs, de l’autre, jamais racontées dans la presse, de l’éviction pour moralité douteuse ou pour blessure d’un talent embryonnaire, non encore révélé au grand public et le regret que peut inspirer au public du foot l’arrêt prématuré de la carrière d’un jeune talent. Les cas d’un certain TANOH et d’un  certain CHARLESTOWN qui, lui, aurait mieux fait que KOLO TOURE à la défense, illustrent la dernière disposition évoquée.

              Les secrets de l’académie recèle des passages frappants, participant du style de l’auteur. Entre autres traits de son style, on peut noter l’humour comme c’est le cas aux pages 342 et 159.  A la page 342, on peut lire ceci : « Notre salaire, c’est çà : les remerciements, la facilité avec laquelle celles ( les femmes) que le foot intéresse sont séduites par nous. Etre celui qui a formé, éduqué ARUNA, KOLO, KALUNHO, YAYA, BAKY, EBOUE, ce n’est pas rien et ça ouvre des portes. Des jambes aussi. ». ET voici ce qu’on lit à la page 159 au sujet d’une sensibilisation de lutte contre le VIH SIDA : « Celui qui réagit n’est autre BAKY. Evidemment, c’est un buteur. Aucune crainte, ni honte. Courir au but demande de la promptitude, la rapidité d’un geste fini et l’exclusion des détails. Le petit poucet quitte son banc, longe les rangées de la classe et arrive à mon niveau. Je l’invite à baisser la culotte. Sans se déculotter, il la baisse. Apparaît son sexe que surmonte une timide et inoffensive touffe de cheveu.  Après avoir utilisé le mode d’utilisation sur son sexe flasque, je déroule la capote beaucoup trop grande. Puis je continue mon speech face à mon auditoire. Au bout d’un petit temps, la classe entière s’autorise un rire champêtre, désurbanisé. Je l’interroge du regard. Tous les yeux sont rivés sur BAKY. Quand je tourne vers le gosse, le sexe rose à l’instant dépourvu de fermeté et d’élasticité a changé d’avis et de vie et de statut…Ce n’est que lui qu’on voit à présent. » Alex kipré a la manie de familiariser par homophonie les mots de sens différents, de sens souvent éloignés ou parallèles. L’exemple peut en être pris du syntagme verbal de l’extrait de tout à l’heure « a changé d’avis et de vie… » Des structures de ce genre sont légion dans l’ouvrage. En outre, comme on a dû le constater à la lecture du même extrait, Alex s’essaie à l’art de la psychanalyse ; il allie brillamment le comportement d’un joueur dans la vie quotidienne au poste qu’il occupe sur le terrain.

               Le style de l’auteur  s’affiche, entre autres, par l’étalage facile d’airs de fatalité avec leur corollaire de peur et, notamment, de pitié. A la page 77, lisons ce qui est écrit : « Il n’en avait pas fallu plus à Didier( l’un des encadreurs, instituteur de son état) pour rendre sa démission et se donner en plein temps à l’académie. Il participe aux séances de détection des talents avec WILLY et JEAN MARC dans les différents quartiers d’ABIDJAN. JEAN MARC baptise son centre « le conservatoire ». A l’instar des matrices des virtuoses de la musique.  Didier, lui, propose plutôt le nom « Académie » parce qu’on y accède en ayant déjà un talent, ce qui est le cas des jeunes footballeurs alors qu’au conservatoire, on va pour tout apprendre. Jean Marc refuse cette appellation. Un jour plus tard, quand il rencontre ROGER ( Roger OUEGNIN), il l’invite à choisir entre les deux propositions. ROGER opte pour « Académie ». Se voyant en minorité, JEAN MARC acquiesce. Les deux amis s’octroient aujourd’hui la paternité de  cette appellation. DIDIER est relégué aux oubliettes : le monde a toujours été fait de ces deux groupes. Ceux de l’ombre et ceux de la lumière. DIDIER a trouvé le nom « Académie », mais personne ne le saura ni ne le verra. Il est dans l’ombre. C’est un homme de l’ombre, et ce qu’il fait reste dans l’ombre ! ». Un autre air tragique, c’est la servilité, voire, la dévotion de Lambert AMUAH qui « déifie et idolâtre JEAN MARC et ne le croit pas capable d’erreur. Il lui concède tout. Même quand il décèle une faille ou une erreur dans son attitude, il préfère dire au coach ce que ce dernier veut entendre, afin que le coach continue de lui faire confiance et le garde comme collaborateur » (p 182). Ainsi, l’attitude de LAMBERT et de ses compagnons à un degré moindre appelle réflexion. Au-delà d’être impressionné par le prestige de JEAN MARC, ancien footballeur international français, LAMBERT, de préférence, était écrasé par le complexe que présente la couleur de la peau de JEAN MARC, complexe hérité de la contradiction Blanc/ Nègre depuis les temps anciens de l’esclavage et de la colonisation, qui a alimenté tant de littératures L’heure est peut-être arrivée de s’affranchir de ce complexe pour traiter d’égal à égal avec le Blanc, sur la base d’un contrat juridiquement bien ficelé et prenant en compte les intérêts des deux parties. Pour n’avoir pas compris cela, LAMBERT et ses amis, réduits en valets de JEAN MARC, ont lu le temps à leurs dépens, tragiquement d’ailleurs. L’auteur écrit à ce propos : « Désormais les deux amis ( parlant de ROGER et JEAN MARC) qui ont, jusqu’à cet incident, travaillé sur la simple base de la confiance, se méfient l’un de l’autre. JEAN MARC me confie qu’il va signer des papiers ( un contrat ou un accord) avec ROGER pour ne pas se faire « enculer ». Idiots que nous sommes, nous n’en profitons pas pour le contraindre à établir un contrat avec lui. Il nous demande de patienter et nous croyons en lui, alors que, lui, doute de ROGER » ( p 179).

              Pour tout dire, l’ouvrage Les secrets de l’académie a la particularité de relater un réel actuel, inhérent à la vie de l’auteur, avec une teinte ou une sagesse romanesque. L’ardeur des descriptions fait penser à Honoré DE BALZAC, auteur français du XIXe  siècle, auteur de Le père Goriot. Les parades poétiques de l’ouvrage connecte la mémoire littéraire tantôt aux poètes symbolistes du XIXe siècle, tantôt aux surréalistes du XXe siècle ; les uns excellant dans leur poétisation, dans le charme des correspondances les plus discrètes de la nature, quand les autres, eux, travestissent les vanités de la versification.

              Les secrets de l’académie, pour la qualité de son contenu, devrait être diffusé et distribué dans tous les centres de formation de football dans le monde, pour l’armement psychologique dont cet ouvrage serait capable et dont auraient besoin les futurs grands acteurs de football.

              En définitive, avec cet ouvrage, on réalise qu’aimer le foot va au-delà des actions et du plaisir que procure le spectacle d’un match. Aimer le foot amène tacitement à aimer les coulisses du foot. Aimer le foot, c’est aussi aimer des histoires même pas liées directement au foot, mais concernant des amis ou familles d’acteurs du foot, c’est aussi s’intéresser au passé même non footballistique d’acteurs du foot, dirigeants ou joueurs. C’est cela la passion consubstantielle à ce service socio-culturel. Bien heureusement, Les secrets ont la lucidité de ne pas omettre que le foot, c’est d’abord un apanage, une mentalité du bas peuple, avant d’être récupéré par les politiques. Les expressions suivantes en sont bien évocatrices : « Si vous perdez, vous allez voir », « Aujourd’hui c’est la mort même. »(P26) .L’ouvrage de Michel Alex KIPRE, sans orgueil aucun, sans narcissisme aucun, le révèle comme une figure non négligeable du football ivoirien.

               Cher public, voici Les secrets de l’académie ! Appropriez-vous l’opum pour en meubler les rayons de vos bibliothèques et animer des débats autour de ce livre. Il peut être une boussole pour le football national, il peut aussi compter dignement dans le patrimoine de la littérature nationale. Je vous remercie.

                                                              Dr TOH BI Tié Emmanuel

                                                              Ecrivain-poète

                                                               Enseignant-chercheur à l’Université de BOUAKE-

                                                               Côte d’Ivoire (UFR CMS).


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    Didier Placide

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Dieu créa l'homme à son image,

    à l'image de Dieu il le créa,

    homme et femme il les créa »

    Genèse 1,27

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

             Supposons que les hommes sont crées à l'image de Dieu, que les hommes sont dotés d'une intelligence comparable à celle de Dieu.

    Supposons qu'il n'y a pas d'hommes imbéciles, sots et inintelligents mais des hommes capables de déplacer une montagne, capables de faire des choses extraordinaires, capables de faire des merveilles. Hélas, c'est à peine que nous trouvions des hommes audacieux pour relever les grands défis de ce siècle. « Ceux qui luttent sont ceux qui vivent ». Pour être parmi les grands, il faut du courage, de l'audace, de l'orgueil, en un mot de la volonté.

    Tous les hommes sont nés intelligents, car à l'image de Dieu, et ils sont susceptibles à accomplir ce qui impossible..., mais ce qui leur manque, c'est la volonté. Qu'est-ce que la volonté ? Comment susciter la volonté chez l'homme ? Tant d'interrogations que l'on se pose. Les grands pédagogues ont, tous, penché leurs réflexions sur l'éducation. Et tous sont unanimes que l'éducation d'un enfant ou d'un homme est un travail complexe. On peut se trouver à inculquer le savoir à un groupe de cancres dont le résultat est en deçà de ce que l'on escomptait. Doit-on abandonner ou continuer ? Les grands pédagogues nous disent de continuer jusqu'au résultat escompté. Quelles que soient les entreprises faites pour aider l'enfant ou l'homme, et que ce dernier vous dise : « je sais que je ne suis pas fait pour cela,... », que doit être votre réponse, votre attitude en tant qu'éducateur, en tant que parent ?

    L'enfant, comme tout homme, a besoin d'un modèle. Quel modèle sommes-nous pour les enfants que nous éduquons ? Aimons-nous la facilité ou le risque ? N'a-t-on pas dit que « vouloir, c'est pouvoir » ? Si je veux, c'est que je peux. Moi, je dirai que vouloir, c'est aussi devoir. On peut avoir le vouloir même posséder le pouvoir sans concrétiser ce qu'on veut. Ces deux éléments sont alimentés par le devoir. C'est un devoir pour l'homme de réussir ce qu'il veut car il le peut.

     

             Vous voilà plongés dans le vif du sujet auquel je tenterai de traiter. Nous devons nous convenir qu'il ne s'agit pas de mettre en doute ce que les autres ont déjà traité mais qu'il s'agit ici de donner son point de vue sachant bien qu'il n'influencera personne et n'égalera pas le travail des maîtres. D'ailleurs, fais cela, c'est se livrer aux critiques et des investigations peu prometteuses. Pour mieux appréhender la notion de la volonté, je vous conseillerai la lecture de William James, de Descartes, de Spinoza, d'Alain, de Bergson, de Nietzsche, de Hegel, de Maïne de Bian... Ces auteurs sont les mieux appropriés pour nous donner des leçons sur la volonté.

             Il ne suffit pas de penser pour agir...mais il faut le vouloir car la volonté est l'aliment vital des personnes qui désirent entreprendre des grandes choses. Alain dira que « l'homme de désir ne sait qu'attendre la manne » or l'homme de volonté s'efforce de réaliser une œuvre. Pour Alain, qui dit vouloir dit exécution. La volonté est cette capacité en soi qui nous pousse à agir, à se réaliser et à donner forme à nos rêves. Manquer de volonté, c'est être à la merci de tout d'échec. Ne confondons pas le désir à la volonté. Le désir n'est pas action, mais un rêve et prière comme le souligne bien Maïne de Bian : « le désir est prière aux causes amies ou ennemies de notre existence ». Or la volonté fait du désir une application dirigée, maîtrisée, ordonnée, conforme à des fins fixées par avance. La volonté porte en elle une affirmation centrale qui est volonté de devenir, volonté d'être davantage et davantage, volonté de se réaliser et de se parfaire davantage. En somme, la volonté est le moi agissant, le moi qui a conscience de ce qu'il poursuit, qui tour à tour délibère, choisi, décide, entreprend ; le moi qui se met en mouvement... Un homme de volonté est quelqu'un qui sait ou il veut en venir et qui sait garder le cap. Et la volonté n'est complète que lorsqu'elle s'achève en une exécution intelligente, car le propre de la volonté est d'incarner ses désirs dans l'univers au moyen de techniques efficaces : qui veut la fin veut les moyens. La vie de l'homme dépend de sa volonté ; sans la volonté, elle serait abandonnée au hasard (cf. Confucius). Et l'éducateur ou le parent ne doit point démissionner du travail qui lui assigné, celui de susciter la volonté chez l'enfant.

    Agir volontairement, avoir la volonté de réussir dans la vie, c'est d'abord savoir ce qu'on veut, comme on le dit souvent ou comme le souligne Alain : « savoir, c'est savoir qu'on sait » ; c'est donc prendre conscience des exigences fondamentales de ma personne, renoncer à satisfaire tel caprice, tel désir vif mais superficiel qui me pousserait à accomplir des actes que je regretterai plus tard et qui ne me ressembleraient pas. Rien ne s'est bâti sans passion [et sans volonté] (Hegel), c'est pourquoi Félicité de Lamennais dira que « le plus puissant de tous les leviers, c'est la volonté ». Peu importe le chemin, ce qui compte, c'est d'arriver à ses fins, « en vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout » (Albert Camus, le mythe de Sisyphe). Dans les évangiles, Jésus Christ opère les miracles à ceux qui ont la volonté de guérir. C'est pourquoi nous dit Baden Powell que « la bonne volonté est la volonté de Dieu ». Et Maurice Bland d'ajouter que « la vraie volonté de l'homme, c'est le vouloir divin ».

     

     

     

             Revenons à nos hypothèses du départ. Supposons que les hommes sont crées à l'image de Dieu, que les hommes sont dotés d'une intelligence comparable à celle de Dieu. Supposons qu'il n'y a pas d'hommes imbéciles, sots et inintelligents mais des hommes capables de déplacer une montagne, capables de faire des choses extraordinaires, capables de faire des merveilles. Alors d'où vient le manque de volonté chez l'homme ? Qu'est ce qui explique le fait que tant d'hommes trouvent des mystères dans ce qui est plus faciles à faire ?

     

             « La fatalité, [la malédiction], c'est l'excuse des âmes sans volonté » (Romain Rolland). J'admets que le manque de volonté chez l'enfant ou chez l'adulte s'explique par le manque de confiance en soi. L'enfant ou l'adulte n'a pas confiance en soi, il se dit qu'il ne peut pas. Il tue sa volonté en lui pour laisser la place à ce que l'éducateur ou le parent n'arrive pas à déceler. Et sous le couvert de « il ne vaut rien », on juge l'enfant ou l'adulte... Ne dit-on pas que derrière le cancre on tue un Mozart. Chaque individu st spécial et maître en sa matière. Personne n'est sot ; n'est inintelligent. Il n'y a pas de cancre parmi les hommes, mais des hommes  qui fuient leur responsabilité pour mettre leur échec, leur manque de volonté, de motivation sur le compte de « on n'est pas même chose » ou des sorciers du village. Voilà l'excuse des hommes sans volonté : « je ne suis pas fait pour cela ».

    Le manque de confiance en soi entraîne l'homme à la lassitude, à ne pas se battre pour survivre pour se faire une place parmi les grands. La confiance en soi, c'est se dire capable de faire ceci ou cela ; c'est se dire « je veux, et je peux, donc je dois... ». La confiance en soi, c'est savoir ce qu'on fait ou ce qu'on veut être. Il n'y a pas de fatalité dans la vie spirituelle et intellectuelle, et professionnelle d'un homme de volonté ou d'un quelconque homme, car tous, nous sommes crées à l'image de Dieu. Mais, on se contente de dire « je ne suis pas motivé, c'est sûr que je n'ai pas de problèmes graves mais je ne peux pas, et puis je ne construis rien dans ma vie car rien ne me sourit. Je n'ai pas envie... ». On n'a pas confiance en soi, on ne se demande pas « pourquoi ne suis-je pas aussi actif que les autres ». Là, je crois que l'éducateur ou le parent doit apprendre à l'enfant à avoir confiance en lui tout en montrant que lui aussi, il est capable de faire autant comme les autres, et qu'il a droit à l'erreur. On doit encourager l'enfant à doubler d'effort lorsqu'il a bien travaillé ; on doit user des euphémismes pour lui signifier ses fautes et lui faire prendre conscience de ce qui est bon pour lui. Corriger un enfant, c'est bien ; c'est une bonne chose. Etre autoritaire et imposant, c'est encore très bien. Mais, être « monsieur à tout connaître ou à tout faire » est très mauvais ou un mauvais exemple pour permettre à l'enfant d'avoir confiance en lui. Etre « monsieur qui ne connaît rien ou ne sait rien faire », c'est très pire. Un éducateur ou un parent doit à la fois faire comprendre à l'enfant que tous les hommes sont capables de tout faire et de tout connaître, même lui aussi ; mais que tous les hommes ont droit à l'erreur. L'enfant doit avoir confiance en lui, être sûr de ses propres moyens, savoir qu'un jour il volera de ses propres ailes, qu'il sera un adulte-responsable. L'enfant doit savoir que lorsqu'on a une ferme volonté de quelque chose on finit par l'avoir. Et c'est en ce sens que Jésus dira à Marthe : « Ne t'ai-je pas dit si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » A force de vouloir la chose, on finit par se dire qu'on peut l'avoir et qu'on doit l'avoir. Vouloir, c'est pouvoir. Et c'est aussi devoir. L'enfant doit arriver à concilier vouloir, pouvoir et devoir dans toutes ses activités. Et cela est possible par la maîtrise de soi et la confiance en soi. En tant qu'éducateur, je crois que nous ne devons pas publier cela. C'est pourquoi il est impératif pour nous de permettre à l'enfant d'avoir confiance en lui, et de lui faire savoir pourquoi le travail qu'il doit faire est indispensable pour lui.

    « Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent », peut-on faire une sorte de conclusion de nos propos en citant Nicolas Machiavel pour dire q'avec une vraie volonté on fait fi des obstacles. La fin justifie les moyens. La tricherie est un moyen. De grâce épargnez moi de cela. Evitons toute spéculation. Que gagnerons-nous à encourager le vice ? Ne sommes-nous pas ici pour panser le mal ? Où en sommes nous ? La volonté nous donne des ailes pour pouvoir voler tout seul. « Avec une volonté forte, on peut passer à travers la pierre grise », nous dit Aleksis Kovi ; et moi, je dirai avec une volonté forte, on devient un gagnant, un leader, un maître, un modèle, un saint... L'enfant doit donc savoir que personne n'est au-dessus de l'autre et qu'on a droit à l'erreur. « La fatalité, c'est l'excuse des âmes sans volonté », nous devons le retenir. En effet, si je ne sais pas ce que je veux, je ne peux être dit vouloir. Si l'enfant n'est pas conscient de ce qu'il fait, on ne peut pas parler de volonté. La volonté est donc le pouvoir d'agir de soi-même et d'être conscient de ce qu'on fait. La volonté, c'est agir sans avoir peur de se tromper ou de faire des erreurs.

     

             La lâcheté ou la paresse peuvent également se comprendre  comme faiblesse d'une volonté incapable de réaliser les fins qu'elle se propose. Je l'admets. J'admets que le manque de volonté se traduit aussi par la paresse chez l'enfant ou chez l'adulte. Là aussi, l'éducateur ou le parent doit se donner pour travail à rappeler à l'enfant ce qu'il doit faire. Ne dit-on pas que la répétition est pédagogique ? S'il faut bousiller le rosier, ainsi dire, chaque jour pour dire à l'enfant ce qu'il doit faire, faites le pour son intérêt. Cela se fait avec art sinon vous susciterez, à coup sûr, la haine chez l'enfant. Il vous haïra toute sa vie, et là vous venez de manque votre but et perdre une brebis. La parabole de la brebis ne nous enseigne-t-elle pas que le berger fut heureux de retrouver la brebis ? La volonté est de traduire en acte ce qu'on a dit vouloir faire ou obtenir. Et cela nécessite le courage, l'orgueil et l'audace. L'enfant doit savoir que la paresse conduit à l'échec, et c'est le manque de volonté qui fait qu'on échoue à tel examen ou à tel concours ou à tel stade de la vie. C'est le manque de volonté qui fait qu'on croit être un damné, qu'on croit être sujet de malédiction.

    Pour le croyant, je peux dire que la volonté est un peu sa foi. Et la foi est justifiée par les œuvres (Jacques 2, 14-26). De même la volonté sans se traduire en acte n'est pas volonté, c'est la paresse. Vous direz que cela nécessite beaucoup de patience. C'est vrai que la patience est un chemin d'or, mais avec la volonté on agit maintenant, immédiatement et on se donne les moyens pour y arriver. Comment marche la volonté ? Avec la volonté? On parle de la conception du projet à réaliser, puis de la délibération (là, on apprécie les motifs), après vient le stade de la décision (on fait un choix), et enfin on achève le processus par l'exécution. C'est-à-dire ce qu'on conçu prend forme. Je vous le redis. Je ne perds le fil de ma réflexion. Vouloir, c'est pouvoir. Mais, c'est aussi devoir. La paresse, la patience, doit être bannir et laisser place à l'agir, au vouloir faire mieux que l'autre.

     

             L'indécision, l'incapacité à se décider sont le propre de qui ne veut pas prendre position, de qui se refuser d'être jugé ou d'être critiqué. En tant qu'éducateur ou parent, sans démissionner de notre responsabilité, nous devons faire comprendre à l'enfant ou à l'adulte que les critiques et les jugements des autres nous permettent de corriger nos lacunes ; de nous parfaire et de nous réaliser. Nous devons critiquer, juger l'enfant sur ce qu'il est ou ce qu'il a fait ou bien ce qu'il vaut par rapport à lui-même et non à nous ou aux autres.

    Cette impuissance de la volonté peut prendre la forme du blocage psychologique, de la dépression ou plus simplement être le propre d'un état d'esprit servile, dépourvu de toute force de caractère, ayant pour tout principe celui de l'imitation : être prêt à suivre toute mode passagère, tout mot d'ordre, toute injonction ; c'est ne rien vouloir pour soi-même, se comporter en éternel mineur (ne pas grandir), voire en esclave. Je vous mets engarde : les enfants aiment imiter, or notre devoir consiste en leur inculquer la créativité, la compétitivité, l'esprit d'une personne qui veut et qui se donne les moyens de réaliser ce qu'il veut. Les hommes ont tout à leur disposition, mais ce qui leur manque, c'est la volonté.

     

             Voici un autre fait qui, à mon avis, justifie le manque de volonté chez l'humain. C'est le découragement. Il n'y a pas de signe prometteur d'un lendemain meilleur. Au quartier, nos aînés, bien ayant tous des diplômes, passent tout leur temps au jeu de lido, de damier, de scrabble, de poker..., ou à parler de la politique, des filles et des garçons. Et une seule phrase se lit sur leurs lèvres : « il n'y a pas travail », comme si l'école est synonyme de travail. L'école nous donne une instruction et un savoir faire..., et c'est tout et nous du travail. L'attitude de ces aînés décourage leurs plus jeunes frères et sœurs qui se disent « à quoi bon d'aller à l'école si c'est pour chômer et passer tout son temps à ne rien faire que regarder le derrière des femmes ». L'enfant doit savoir que son frère ou sa sœur n'est pas lui, et lui non plus n'est pas son frère ou sa sœur. L'enfant doit pouvoir se dire « ce que mon frère ou ma sœur n'a pas pu faire moi, je dois le faire et je peux le faire et mieux que lui ». C'est ça la volonté. Nous sommes appelés à relever les défis, à faire mieux et plus que nos prédécesseurs, car nous ne sommes pas nos prédécesseurs. Mon père a un hectare de cacao moi, je dois avoir deux hectares et plus. Mon père a construit une maison moi, je dois construire deux, trois, quatre... et plus. Voici l'objectif de celui qui a la volonté de réussir. Et l'enfant doit l'avoir en mémoire.

    Comment puisse-je expliquer le découragement ? Est-ce le découragement qui engendre le manque de volonté ? Une fois de plus, je vous prie de m'épargner avec vos questions car je refuse de m'aventurer dans des domaines  dont j'ignore les paramètres. D'ailleurs, ne vous ai-je pas conseillé la lecture de William James, de Descartes, de Spinoza, d'Alain, de Bergson, de Nietzsche, de Hegel, de Maïne de Bian... Ces auteurs ne sont-ils pas mieux placés pour vous donner des réponses à vos questions ? Je ne fuis pas vos questions, car vous répondre c'est faire des spéculations inutiles. Moi, je me contente de donner mon point de vue sur ce qui devait dire ou être. Nous nous sommes éloignés de notre sujet. C'est la distraction. Cela explique aussi le manque de volonté. Comment voulez vous atteindre votre objectif si vous êtes distrait ? Ne savez-vous pas qu'un esprit distrait est dangereux pour lui-même et pour les autres ? L'enfant doit apprendre à observer, à être attentif à ce qui se dit ou à ce qui se fait. La distraction égare, et après on se rend compte qu'on ne fait rien, on s'ennui et on se laisse emporter par le découragement, car on vient de frapper à la porte de l'échec. Et à la fin, rien ne nous donne plus l'envie de travailler, d'entreprendre,... On n'a pas la volonté de franchir la barrière des obstacles et  de la dépasser. On se contente du peu qu'on a, et après on s'étonne de voir prospérer l'autre. Celui qui veut réellement réussir doit moissonner où il n'a pas semé, et ramasser où il n'a rien répandu. C'est biblique. Un peuple sans volonté est un peuple martyrisé, livré à la servitude. Là, je vous conseille de lire le discours sur la servitude volonté de la Boétie. Nous devons oser. Ne dit-on pas que celui qui ne risque pas n'a jamais rien ? Nous devons être audacieux, défier l'impossible mais pas aller contre la nature. Aller contre la nature est une faute, un péché. Je ne conseille pas de tuer ou de tricher pour arriver à ses fins. Ne sommes-nous pas appelés à faire le bien et à être justes ? Qui conseillerait son enfant à voler, à tuer ou pratiquer le vice pour obtenir ce qu'il veut ? N'oublions pas que ce sont les hommes de volonté qui ont fait le monde, l'humanité, et qui le dirigent actuellement. Ils ne se sont jamais découragés bien qu'ils soient souvent critiqués, parce qu'ils savaient ce qu'ils voulaient. Un éducateur ou un parent ne doit pas décider à la place de l'enfant. Au contraire, il doit amener l'enfant à se décider, car rien n'arrête un enfant décidé de posséder quelque chose. C'est en ce sens que Charles Baudelaire dira « le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté ». Je partage mon avis avec ceux qui disent qu'on ne naît pas génie, mais on devient génie. Et pour être génie, il faut le vouloir, il faut stimuler son esprit créateur, s'investir corps et âme dans ce qu'on fait ou dans ce qu'on veut faire.

     

             Avoir la volonté, c'est avoir l'amour de faire quelque chose de grand. On se dit que tout a été fait, que tout a été prouvé et qu'il n'y a plus rien à faire ou à prouver. Je dis que c'est faux. Rien n'a été fait ; rien n'a été prouvé, mais on vient juste de commencer..., et chacun de nous a sa tâche à accomplir. Une tâche que chacun de nous doit faire avec amour. On doit..., « tu dois, donc tu peux... », Emmanuel Kant ne nous dit pas « tu veux, donc tu peux », il souligne le caractère formel de ce que nous devons faire. C'est un devoir pour  d'être bons, justes ; un devoir pour nous de réussir et d'être riches, car celui qui nous as crées est riche, bon parfait et travailleur. N'a-t-il pas crée le monde en six jours sans se reposer ? Et, c'est par amour qu'il l'a fait. Sans amour, on ne peut pas bien travailler. D'un grand amour naît la passion ; de la passion viennent les grandes œuvres, les grands hommes. Christ en est un exemple. Est-ce que l'enfant aime ce qu'il est entrain de faire ou d'apprendre ? Si oui, il a la volonté de réussir. Si non, amenez le à l'aimer. Pour amener un enfant à aimer ce qu'il est entrain de faire, devons-nous lui donner des bonbons ? Devons-nous lui promettre des cadeaux ? Devons-nous l'amuser ? Devons-nous être sévères ? Nous sommes des spécialistes de l'éducation, me semble-t-il, et chacun de nous a sa réponse. Qui aime, châtie bien. C'est aussi biblique. L'éducateur ou le parent doit arriver à concilier l'amusement et le sérieux, le travail et la récréation. Il doit être attentif à tout ce que l'enfant fait et intervenir au moment ou l'enfant a besoin d'aide pas pour résoudre le problème entièrement mais l'orienter. L'enfant doit toujours avoir en tête que personne ne fera son bonheur et qu'il est le seul responsable de sa vie. Les autres sont là pour vous juger, vous critiquer voire vous décourager. C'est en ce moment là que vous devez prendre une décision. Vouloir, c'est pouvoir ; mais c'est aussi devoir. Vous montrer votre détermination, votre amour pour ce qui vous est assigné. Et vous donnez les moyens. Aimer, c'est vouloir. Vouloir, c'est pouvoir. Pouvoir, c'est devoir...tirons des leçons.

    Je me tais sur ces lignes, trop bavarder est synonyme de rien dire. Je laisse les autres continuer car il y a beaucoup à dire sur le manque de volonté chez les hommes. Les « Cvavistes (CV-AV° » disent « A cœur vaillant, rien d'impossible ». je clos ce discours sur le sujet que je suis proposé de traiter par ceci : « A grande volonté, tout est possible ». merci pour votre compréhension et pour l'usage que vous ferez de ce traité.

     


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    Introduction

                La Bible nous rapporte plusieurs récits de « retour à la vie » : Elié et le fils de la veuve de Sarepta (1R17, 17-24), Elisée et le fils de la Sunnamite (2R4, 18-37), un homme jeté sur les ossements d'Elisée (2R13, 31), Jésus et la fille de Jaïre (Mc 5,22-43), Jésus et le fils de la veuve de Naïm (Lc 7,11-17), Jésus et Lazare (Jn 11,1-44), de nombreux « saints trépassés » juste après la mort de Jésus (Mt 27, 51-53), Pierre et Tabitha (Ac 9,36-42), Paul et Eutyque (Ac 20, 9-12)... Nous voyons que tout au long de la Bible, la mort et la vie sont des thèmes très abordés. La vie vient de la mort ; la mort est le résultant de la vie, et vice-versa. Aujourd'hui, il nous ait donné d'appréhender ces mêmes thèmes (la mort et la vie) à travers la mort de Lazare (Jn 11, 1-44). Le retour à la vie de Lazare est une invitation à croire pour recevoir le Don de la vie éternelle. Deux axes nous permettront de saisir cela. Ce sont l'appréhension de la mort de Lazare et les attitudes des disciples, de Marthe et de Marie, et de Jésus.

    •I-                   L'appréhension de la mort de Lazare

    1- la conséquence de la mort physique

    Lazare est malade, et comme l'aveugle né en Jean 9, il nous représente tous (cf. Lc 5,31-32). Rappelons nous que la maladie était comprise à l'époque comme la conséquence du péché. Dans un tel contexte, les guérisons accomplies par Jésus manifestaient sa capacité à faire disparaître la cause directe de la maladie : le péché. Ces guérisons devenaient ainsi le signe visible de la Toute Puissance de la Miséricorde de Dieu à l'œuvre avec lui et par lui. Le récit le plus explicite à ce sujet est la guérison du paralytique (Lc 5,17-26). Nous voyons que « la guérison de toutes maladies » suit immédiatement « le pardon de toutes offenses », comme une conséquence incontournable de ce pardon... Avec de telles croyances, la guérison apparaissent donc comme la face visible du pardon. La maladie était comprise comme la conséquence du péché. Qu'en est-il de la mort physique ? Tout comme la maladie dans les Evangiles, la mort physique va donc jouer d'une image, d'une parabole renvoyant aux conséquences les plus graves du péché : la mort spirituelle. La mort physique est donc comprise comme la conséquence des plus graves péchés. Qu'en est-il de la mort de Lazare ?

    2-la mort de Lazare

                Le Christ ne cherche qu'à manifester par tous les moyens possibles, y compris les guérisons, l'Amour de Miséricorde que le Père porte à tous ses enfants blessés par leurs péchés... Et ce sera toute l'œuvre de la Miséricorde Toute Puissante de Dieu que de manifester sa victoire sur la mort spirituelle en donnant ce signe, le plus fort de l'Evangiles de Jean, du retour à la vie de Lazare. Alors « si le salaire du péché, c'est la mort » (Rm 6,23), la mort spirituelle qui est la privation de la Plénitude de la vie éternelle ; « le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » car telle est la volonté du «  Père des Miséricordes » : « Que tous les hommes soient sauvés » et vivent de sa vie (Rm 6,23 ; 2 Co 1,3 ; 1Tm 2,3-6 ; Jn 10,10). Et face à Lazare dans son tombeau ; Jésus le pressentait comme une pleine révélation de la Lumière. Ce qui allait provoquer la réaction la plus forte des ténèbres. Comme l'indique en note la Bible de Jérusalem pour Jn11, 4(« cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu afin que le Fils de Dieu soit glorifié »). Jésus aimait Marthe et sa sœur, et Lazare... Et pourtant, à l'annonce de la maladie de ce dernier, il décide de demeurer deux jours encore dans le lieu où il se trouvait. Cette réaction semble, à première vue, incompréhensible. Pendant ce temps Lazare est mort. C'est enfin au quatrième jour, il se met en route avec ses disciples pour rejoindre les deux sœurs. Pourquoi il a donc voulu arriver ce quatrième jour ? C'est pour que ses Paroles et ses actes, qui ne visent que la Gloire du Père et la vie de l'homme, aient le plus de poids possible dans le contexte social, culturel et religieux de son époque. En effet, Xavier Léon Duffour (lecture de l'Evangile de Jean, tome II, p.407) écrit : « cette durée (de quatre jours) n'est pas choisie au hasard ; elle correspond à la croyance selon laquelle c'est à partie du quatrième jour que l'âme, qui voletait encore autour du cadavre, ne peut plus y rentrer. Il fallait que Lazare fût réellement mort, et la putréfaction commencée pour manifester quelle est la victoire du Christ. »

    •II-                Les attitudes des disciples, de Marthe et de Marie, et de Jésus

    1- l'attitude des disciples

    «  Allons de nouveau en Judée », Jésus décide donc enfin de partir. Mais les disciples ont peur pour lui car ils disent « Rabbi, tout récemment les juifs cherchaient à te lapider et tu retournes là-bas. » Ils ont peur comme autrefois, lorsqu'une violente tempête les avait surpris en plein milieu du lac de Tibériade. Mais Jésus essaye donc de les encourager : « N'y a t-il pas douze heures de jour ? Si  quelqu'un marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde, mais s'il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n'est pas en lui ». Et les disciples acceptent de le suivre mais ils n'oublient pas pour autant la menace qui pèse sur Jésus et sur eux. « Allons, nous aussi, pour mourir avec lui. » Cette affirmation de Thomas semble bien courageuse. Son attitude volontariste montre que marcher avec Jésus comporte des risques, mais c'est aussi avancer vers la pleine Lumière.

    2-l'attitude de Marthe et de Marie

                Lorsque la venue de Jésus est annoncée, Marthe est la première à se lever pour aller le rejoindre. A la rencontre de Jésus, elle réaffirme sa foi : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera ». Le contexte suggère le contenu de cette demande, mais comme l'indique la Bible de Jérusalem en note, « Marthe s'arrête comme au seuil d'une impossible prière ». Evidemment, au début, elle croit seulement que Jésus est un intercesseur privilégié auprès de Dieu et que la résurrection espérée aura lieu au dernier jour. Pour lui permettre d'approfondir sa foi, Jésus affirme qu'il est lui-même la source de la résurrection. Une résurrection qui commence dans le moment présent, avec la libre décision de croire. Celui qui vit uni au Seigneur participe déjà à la vie nouvelle, qui est donnée par la résurrection du Christ. Ce que Dieu attend de nous, c'est que nous acceptions de nous laisser aimer ainsi, gratuitement. A l'invitation de sa sœur, Marie rejoint Jésus, tombe à ses pieds et pleure... Expression de la désolation, mais elle, aussi, a une foi comme sa sœur en Jésus. Les lamentations de Marie prouvent son attachement humain envers Lazare, car devant la mort, l'être humain éprouve répulsion, tristesse et parfois colère.

    3- l'attitude de Jésus

                Face aux pleures de Marie et à la mort de son ami Lazare, Jésus est troublé, et pleure. « Jésus pleura ». Dans notre texte, par la désolation de Marie qu'il aimait, puis par la remarque de ceux qui étaient là, Jésus se trouve affronté à la réalité de la mort, non seulement celle de Lazare mais la sienne imminente selon l'orientation, et il réagit par un combat intérieur. En effet, au-delà de son amitié pour Lazare, le trouble intense et les larmes de Jésus montrent à quel point il s'engage contre tout ce qui empêche l'humanité de vivre dès maintenant sa propre résurrection. La réalité de la souffrance et de la mort n'est pas niée par celui qui annonce en même temps le triomphe sur la mort. Si ceux qui sont là «  constatent les larmes et les attribuent à son amitié pour Lazare ; cette explication vaut mais elle reste en deçà de la vérité : les larmes silencieuses de Jésus proviennent de l'amour du Père qui, à travers lui, va aux disciples [que nous sommes]. Ce sont les larmes de Dieu devant la mort qui sépare les êtres. Ce sont en même temps les larmes de celui qui doit consentir à l'épreuve », selon Xavier Léon Duffour. Jésus prend alors les choses en main : « Enlevez la pierre » et Marthe de l'interpeller car la réalité de la mort est palpable et évidente : « Seigneur, il sent déjà, c'est le quatrième jour ». La réponse de Jésus est juste car il sait que Dieu l'écoute toujours et l'exauce : « Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verra la gloire de Dieu ? » Alors, Marthe s'efface. Elle ne dira plus rien ; dépassée, elle laisse Jésus agir comme il entend. Et Saint Irénée, Evêque de Lyon au IIe siècle, de dire  « la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu ». On enleva la pierre et Lazare sortit « les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire ». Lazare est donc revenu à la vie... ce n'est pas une résurrection proprement dite mais la manifestation de la Gloire de Dieu. Jésus ne recherche vraiment que le bien de ceux et celles dont la situation l'a remué jusqu'au plus profond de lui-même.

    Conclusion

                Par le retour à la vie de Lazare, Jésus nous apprend qu'il est « la résurrection et la vie », et « quiconque croit en lui aura la vie éternelle » (Rm 10, 13) et verra la Gloire de Dieu. C'est donc le temps pour nous de cheminer avec Lui et de Lui faire confiance pour recevoir le Don de la Vie Eternelle, et de voir la résolution de nos problèmes. « Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verra la gloire de Dieu ? », nous demande le Christ en cette situation de crise que traverse la Côte d'Ivoire, et pour notre jubilé paroissial.

    Didier Placide


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  • LE PEUPLE REBELLE

     

                Arrêter d'aller à l'église ; arrêter d'aller à la mosquée...peuple rebelle. Vous avez déshonoré le nom que vous portez : chrétien, musulman... Arrêter de fréquenter les lieux de prière et de culte car Dieu, Allah, et Jésus Christ n'aiment pas ce que vous faites, peuple rebelle. Arrêter aussi d'ouvrir la Bible ou le Coran car, comme vous le dites, vous êtes des « kafris » et des païens. Peuple rebelle, dans les mosquées et dans les églises, les yeux rivés au ciel vous implorez la grâce de Dieu or vous l'avez désobéi...

    Dieu, par l'intermédiaire de Moïse, a donné les décalogues..., et la désobéissance de celles-ci est péché. Mohamed, lui aussi, a laissé à ses disciples et à ses adeptes des recommandations pour la stabilité de l'humanité. Jésus, quant à lui, sur la montagne, a dicté les béatitudes pour mieux vivre et avoir la paix et la justice. Que fais-tu de tout cela, peuple rebelle ? Rien de tout cela, au contraire, tu l'as reléguée au second plan pour te faire des lois. Là aussi, on dit « obéissance aux lois prescrites est liberté ». Qu'en as-tu fais ? je ne sais pas, moi, non plus, peuple rebelle.

    Arrêter d'aller à l'église ; arrêter d'aller à la mosquée...peuple rebelle. Vous avez déshonoré le nom que vous portez : chrétien, musulman... Arrêter de fréquenter les lieux de prière et de culte. Arrêter aussi d'ouvrir la Bible ou le Coran...car vous êtes indignes de le faire et de puiser la sagesse contenue dans ces livres saints. La plume offusquée s'est brisée parce qu'elle est tellement en colère contre son peuple, contre les « politicards », contre les intellectuels de son pays, contre la communauté internationale, contre l'ONU, l'UE, l'UA, contre tout le monde... La vérité est là...on souffre, on pleure, on s'accuse et on accuse Dieu parce qu'on a préféré prendre les armes que de se fier aux lois prescrites, lois humaines et lois divines. Peuple rebelle, voici la cause de la crise que ton pays la Côte d'Ivoire traverse : désobéissance aux lois.

    Jésus, ce Saint, s'est laissé juger et condamner par Jules César, le représentant de la loi romaine. Il n'a pas osé aller contre cette loi humaine, parce que l'obéissance aux lois prescrites est liberté. Ce Saint a été humilié, injurié, maltraité par la loi que les hommes ont édictée. Bien qu'elle soit injuste, Jésus a obéi à cette comme tous les hommes le ferons. Mais pour quoi pas nous, nous, de simple mortel. Les prophètes, les Saints que nous admirons bien ont tous accepté le verdict des hommes pour la gloire et la justice de Dieu. Peuple rebelle, vois-tu que la crise actuelle de la Côte d'Ivoire,  tu as ta part de responsabilité. Parce que tu as décidé d'aller contre ta propre loi... Voila, Dieu refuse de t'écouter parce que tu es rebelle. Si tu restes dans cette logique tu va perdre ton pays, ta liberté et ta souveraineté. Tu n'as plus d'autre choix que celui de demander pardon à Dieu et de dire OUATTARA soumets-toi aux lois prescrites pour la liberté des IVOIRIENS ; de dire GBAGBO, les IVOIRIENS ont besoin de la transparence dans les lois prescrites.

    La plume offusquée va toujours parler mais si il faut que cette plume se casse à nouveau. Son rôle est de dire la vérité et sa part de vérité... Les intellectuels rangés derrières leurs gros livres oublient qu'une nation forte est une nation qui respecte ses propres lois. Le nez plongé dans des réflexions à ne point finir, vous, mes illustres maîtres, nous endormez pas vos rivalités et par vos parti pris... Soyez des éclaireurs et des « obscureurs »... La plume offusquée parlera et continuera à parler... Peuple rebelle, quand tu comprendras que « l'obéissance aux lois prescrite est liberté ». Côte d'Ivoire, LIBERTE, LIBERTE, LIBERTE... La liberté, ta liberté, PEUPLE REBELLE, c'est le RESPECT DE TES PROPRES LOIS. Notre révolution devrait être plutôt de faire respecter nos lois et notre nation que de faire la révolution d'un simple mortel et d'un simple individu... Regardez, combien de morts, de mort, de mort...par là, par ici...tout simplement parce que tu as refusé de te soumettre aux lois que, toi-même, tu t'es prescrites. Peuple rebelle...PEUPLE REBELLE...


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