• LES RAPPORTS INTIMES EN ASSOCIATION

    LES RAPPORTS INTIMES EN ASSOCIATION

    mai 25

    2014

     

    Les rapports intimes en association sont si fréquents que souvent ces relations ternissent l’image de l’association. Ne pouvant les empêcher ou les interdire, il est donc demander de les canaliser en suivant une démarche éthique.

    Les rapports intimes en ADJEDBHO

         

     

     

     

     

     

    AdouBOUATENIN

    Maître ès Lettres Modernes

    Critique Littéraire

    Animateur d’ateliers

    Étudiant en Année de Master II

    Jéciste et Coach en technique rédactionnelle,

    en résolution de conflits

    +225 06368133/+225 09274410

    diderplacidus@hotmail.fr/ahemfiekasa@gmail.com

     

     

    INTRODUCTION

     

     

     

                La vie communautaire implique des rapports sociaux, c’est-à-dire des relations humaines. Or la vie associative prend pour modèle la vie communautaire. Cependant, les personnes associées se rassemblent, s’assemblent dans un but, dans un intérêt commun, tel est le cas de l’Association des Jeunes Élèves et Étudiants de Deba, Bininbri et Houmankpin (AJEDBHO), dont l’intérêt commun, sans nous tromper, est la solidarité communautaire. Dans toute société humaine, quelle que soit la vie communautaire, religieuse, professionnelle ou associative, le facteur amical et fraternel est inhérent. On ne peut pas ne pas être ensemble sans avoir les mêmes objectifs, les mêmes intérêts. C’est inadmissible ! D’où le dicton « qui s’assemble se ressemble ». Pour dire que dans toute association, les rapports intimes existent. C’est la condition sine qua non de l’existence d’une association. En effet, en prenant le mot « intime » au sens figuré, cela est ce qui qualifie une amitié, un attachement réciproque, qui est spécialement proche, authentique et confiant. L’amitié, quant à elle, est le sentiment réciproque qui engage deux personnes l’une envers l’autre. C’est donc ce sentiment qui pousse les hommes à se mettre ensemble, en association voire autre chose. Lorsque l’on parle de rapports intimes, l’on a tendance à penser aux relations sexuelles. C’est bien vrai que les relations sexuelles impliquent les rapports intimes, mais elles ne sont que l’un des résultants des rapports intimes, c’est dire qu’il y a d’autres résultants, et que les rapports intimes ne sont forcément pas les relations  sexuelles.Vous avez deviné, il s’agit pour nous de parler des rapports intimes en associations. Il nous ait demandé de porter à la connaissance des membres de l’AJEDBHO les avantages et les inconvénients des rapports intimes, voire des relations sexuelles entre les membres d’une même association.

    Pour ce travail, nous avons choisi la méthode VOIR-JUGER-AGIR.

    -          VOIR pour recenser tous les résultants des rapports intimes, c’est-à-dire tout ce qui découle des rapports intimes. En d’autres termes, les différents types de rapports intimes.

    -          JUGER pour porter les critiques, les points de vue, les impressions sur chaque résultant. JUGER pour dresser la liste des avantages et des inconvénients.

    -          AGIR pour arrêter des résolutions en ce qui concerne la bonne marche et la bonne entente de l’AJEDBHO.

    Trêve de bavardage, allons à l’essentiel, c’est-à-dire rentrons dans le vif du sujet.

    I-                   LES DIFFÉRENTS TYPES DE RAPPORTS INTIMES

     

     

     

                Tout ce qui est tout à fait privé, et qu’on cache généralement aux autres, relève de l’intimité. L’intimité est donc le caractère de ce qui est intime, personnel. Joindre au mot « intime », « rapport » signifie une relation personnelle avec ou entre…

    Partant de ce postulat, nous avons à notre niveau recensé trois types de rapports intimes dans une association : les relations amicales, les relations amoureuses et les relations sexuelles

     

    1-      Les relations amicales.

     

                L’on a tendance à confondre deux termes qui apparemment signifieraient la même chose : Camarade et Ami(e), avec ses corollaires : copain/copine, petit copain/petit ami, petite copine/petite amie. Nous pouvons faire la taxinomie[1] de ces termes en deux groupes :

    -          Le premier groupe : camarade, ami(e), copain et copine

    -          Le deuxième groupe : petit ami, petit copain, petite amie et petite copine

    Le premier groupe est le ressort des relations amicales. Quant au deuxième groupe, il s’inscrit dans la logique des relations amoureuses et sexuelles. C’est dans le registre familier que l’on rencontre ces termes pour désigner mon ami(e) amoureux (se). En ce qui nous concerne, c’est de lever toute confusion faite entre camarade et ami.Camarade est un terme générique pour désigner la relation que l’on entretient avec autrui en partageant les mêmes occupations ou la relation que l’on contracte avec l’autre traduisant une sorte d’amitié et de communauté d’intérêt. Pour être plus précis, dirons-nous que le mot camarade désigne une relation de simple connaissance avec une personne due à une circonstance, à une chose commune, tels le sport, la musique, les femmes, les hommes, la mode, la boisson, la religion, le village, la pêche…, et qui ne suscite aucun sentiment d’amour ou de sexe.

    Quant à ami, cela va au-delà de camarade ; c’est le degré second de camarade. En effet, ami est avec qui l’on se partage les choses, l’intimité ; avec qui l’on se dévoile, se confie, et qui suscite un sentiment d’amour, voire de sexe. Ami est l’expression de l’altérité, c’est-à-dire le reflet de ma personnalité. Alfred de Vigny nous dit que « Pythagore a dit le premier : Mon ami est un autre moi-même. N'est-ce pas dire : Aime ton prochain comme toi-même »[2]

     

    Ami désigne parfois l’amoureux ou l’amoureuse, et le compagnon ou la compagne de chemin avec qui je partage le pain et la peine (copain et copine). On adjoint « petit ou petite » à  ami(e) pour désigner l’amoureux ou l’amoureuse avec qui l’on partage ensemble le sexe (ce que l’on a le plus intime).

    Nous sommes parti de la confusion entre camarade et ami pour pouvoir insinuer que les relations amicales recouvrent deux réalités : la camaraderie et l’amitié. Dans la vie associative, nous trouvons ces deux réalités des relations amicales, car l’on verra un groupuscule dans l’association parlant de tout, de rien sauf l’essentiel : (commérage et compérage) ; ceci relève de la camaraderie. L’amitié, on s’attache plus à une personne que telle personne, et on va à l’essentiel; c’est une sorte de complicité : (des amis inséparables)

    L’amitié est ambivalente, soit elle désigne la relation amoureuse que l’on entretient avec autrui (expression de l’amour), soit la relation platonique[3] que l’on a avec autrui (expression d’ami-frère/ amie-sœur), comme le dit Victor Hugo :

    (L’amitié), c’est être frère et sœur,

    Deux âmes qui se touchent sans se confondre

    Les deux doigts de la main[4]

     

     

                Ou comme le dit Gabriel Legouvé « un frère est un ami donné par la nature »[5].

    C’est donc normal que les relations amicales existent en association ou dans une association car l’association est une miniature de la société. Cependant, ce type de relation peut avoir des incidents sur les rapports en association. Nous y reviendrons.

     

    2-      Les relations amoureuses

     

                Les relations amoureuses sont inhérentes aux relations amicales, c’est-à-dire que les relations amoureuses découlent des relations amicales, surtout de l’amitié : « s’attacher plus et intimement » à une personne de sexe opposé, [de nos jours, l’on peut parler aussi de même sexe]. Ce type de relation caractérise l’amour, comme l’a souligné Victor Hugo

    L’amour, c’est être deux et n’être qu’un.

    Un homme et une femme qui se fondent

    En un ange. C’est le ciel.[6]

     

    L’amour peut être platonique. C’est-à-dire être amoureux ou amoureuse sans avoir l’intention de concrétiser cet amour en acte par les rapports sexuels. Ce type de relations est sérieux et intime. Sérieux, parce que l’on se partage les choses avec un(e) seul(e) partenaire. Intime, parce que peu de personnes le savent. C’est une relation qui ne fait pas de bruit. L’on ne décide pas de tomber amoureux ou amoureuse de quelqu’un(e). C’est donc normal que ce type de relation existe dans une association. Il peut arriver que l’on épouse une personne-membre de la même association. Ce que nous savons c’est que dans ce type de relation, chaque partenaire se respecte, et respecte les engagements pris. Ce type de relation prône-t-elle l’abstinence, la fidélité, le respect, la complicité, la simplicité… Mais lorsqu’elle dégénère, bonjour les dégâts …l’image de l’association se ternie.

     

    3-      Les relations sexuelles

     

                Si dans une association, les relations amoureuses peuvent-elles exister, que cela ne nous étonne pas de voir aussi qu’en association les relations sexuelles existent bel et bien. C’est donc le summum des relations amoureuses ou la perversion des relations amoureuses. C’est le caractère épicurien[7] des relations amicales : jouissances, plaisir très exagérés du sexe.

    L’amour, c’est être deux et n’être qu’un.

    Un homme et une femme qui se fondent

    En un ange. C’est le ciel.[8]

    Voilà ce que dit Victor Hugo de l’amour qui sous-entend les relations sexuelles. Dans ce sens, l’amour consiste donc à avoir des rapports sexuels entre un homme et une femme. Il consiste aussi à confondre les deux corps pour n’être qu’un. C’est ce que l’on appelle relations sexuelles. Et comme nous l’avons dit, ce type de relations existe dans les associations. L’association ou le groupe devient donc le terreau de l’orgie où Cupidon[9] et Aphrodite[10]sèment la zizanie de la débandade sexuelle ; et à la vue de la Mater touffue, le Phallus en érection remue dans le pantalon comme un margouillat tête rouge sur le mur à midi. En un mot, c’est le bordel ! Parce qu’on ne pense qu’à avoir des rapports sexuels avec tous les garçons ou toutes les filles du groupe ou de l’association. L’on drague tout le monde. Ce type de relations intimes est très dangereux pour l’association.

     

     

    II-                LES CONSÉQUENCES

     

     

     

                Quels que soient les avantages ou les inconvénients, les rapports intimes sont à proscrire de l’association. Car ils ternissent l’image de ladite association. Les relations amoureuses et sexuelles sont malsaines ; les relations amicales sont tolérées si elles épousent les valeurs de la famille. De toutes les façons, les rapports intimes sont inacceptables dans le contexte d’une association, car loin de véhiculer la cohésion, ils engendrent la perte de confiance, la confusion, la culpabilité, l’incrédibilité, le désordre, l’irrespect et l’irresponsabilité… Cependant, dans une association quelconque, les relations les plus fréquentes sont celles des relations amicales et amoureuses. Il n’y a pas une association au monde, à notre connaissance, dans laquelle les membres ne tissent point des affinités. C’est dire quelle que soit l’association, il y aura toujours des petits groupes, appelé « groupe d’ami », mieux un groupe formé et qui se distingue des autres membres de l’association. Cela existe dans toutes les relations humaines. Ces rapports d’affinité constitue les rapports amicales et amoureuses, et aboutisse le plus souvent au mariage (image de l’association est rayonnante), et dans le cas contraire au vinaigre (image de l’association ternie). Face à ces rapports intimes, quelle arme avons-nous pour nous défendre et préserver l’image de l’association ?

     

     

     

     

     

    III-             PROPOSITION DE SOLUTIONS

     

     

     

                Avouons-le, on ne peut pas empêcher ou interdire les rapports intimes dans une association, parce que les membres ne sont pas les enfants d’une même famille biologique. Mais l’on peut canaliser ces rapports à cause de l’image positive de l’association. C’est donc la recherche d’une démarche éthique qui est nécessaire dans ce cas-là. Pourquoi « éthique » ? Parce qu’ensemble de principes de bonne conduite qui veut que l’on agisse à la fois selon sa conscience morale, sa conscience professionnelle et sa conscience religieuse.

    -          La conscience morale pour se demander si la relation que l’on tisse est bonne pour l’association.

    -          La conscience professionnelle pour voir si les statuts et règlements autorisent qu’on ait des rapports intimes avec les membres de la même association.

    -          La conscience religieuse pour savoir si les lois divines et religieuses de sa confession religieuse cautionnent d’avoir des rapports intimes avec les membres de la fraternité ou de l’association.

    Lorsque ces trois types de consciences ne disent pas la même chose, c’est qu’il y a problème ; c’est que ce que l’on veut faire est condamnable, c’est-à-dire ce n’est pas bon, donc l’on se doit l’abandonner, se doit le renoncer et épouser la vision de l’ensemble, du groupe, de l’association.

     

     

     

     

     

    CONCLUSION

     

     

     

                Être en association signifie, analogiquement, être membre d’une même famille, parce que l’on a les mêmes intérêts que les autres membres de l’association, parce que l’on vient de la même région. C’est ce caractère éthique de l’association que l’on doit chercher et le faire véhiculer à l’ensemble des membres de ladite association. Avoir des rapports intimes, sexuellement, avec un membre de sa famille biologique, c’est commettre l’inceste ; pareil avec les membres de l’association, à notre avis. Nous voulons donc dire que l’association doit être vue autant comme une famille biologique dans laquelle des liens fraternels coexistent entre les membres. Pour l’image de l’association, l’harmonie entre les membres, l’entente, la cohésion sociale, et le respect mutuel, les rapports intimes dans l’/en association sont à proscrire. Dans le cas contraire, il faut les canaliser en sensibilisant les membres sur les valeurs éthiques.

     

     

     

    AdouBOUATENIN

    Maître ès Lettres Modernes

    Critique Littéraire

    Animateur d’ateliers

     

     

     



    [1] Classement, regroupement…

    [2]A. de Vigny,le Journal d'un poète, 1835, p. 1037.

    [3] Amour désintéressé, relation sans intérêt. La philosophie de Platon

    [4] Victor HUGO, cité par Ahmadou Koné dans les frasques d’Ébinto

    [5]G. Legouvé,la Mort d'Abel, iii, 3

    [6]Op. Cit.

    [7]L’on pense à satisfaire ses besoins sexuels, plaisir et jouissance exagérés. La philosophie d’Épicure

    [8]Victor HUGO, Op. Cit.

    [9]Nom du dieu de l'amour en Latin

    [10] Déesse grecque de la beauté et de l’amour


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